Pour les formats ouverts !

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Le site Formats-Ouverts.org, (FOo), traite des formats, protocoles et standards ouverts, dans différents domaines (comme l'interopérabilité, l'archivage), depuis le 1er juillet 2004 (plus de 1500 jours) - Les formats se rencontrent presque partout - Il y a actuellement 1647 articles en ligne, dont 15 pour le mois d'août et les notules - Les 1000 articles : le communiqué de presse (inédit et exclusif) - Les statistiques mensuelles du site - Attention : vote électronique - Les conférences - Les 3 ans et demi ! - Le 1600e article - Un index du site - Où en est le patrimoine numérique ?


Notules express :


2008, les 10 ans de XMLXML10, les 10 ans de XML en 2008


Rappeler que ce format d'actions existe

Un format pour se faire entendre : le lobby

Microsoft et la Commission Européenne sont en procès. En mars 2004, Microsoft a ainsi été condamné pour abus de position dominante, un jugement confirmé en décembre, avec une triple sanction : le paiement d'une amende de presque 500 millions d'euros (immédiatement acquittée), la diffusion d'une version de Windows sans le Media Player et aussi la publication des informations techniques nécessaires pour assurer l'interopérabilité avec des standards plus ouverts. Or plus d'un an après, ce dernier point n'est pas tout à fait satisfait.

La Commission hausse donc le ton et exige l'application des sanctions. Avec le soutien d'entreprises comme IBM, Oracle, Real Network ou Nokia, regoupés au sein du European Committee for Interoperable Systems (Comité européen pour des systèmes interopérables), qui vont se joindre à la Commission dans le procès de Microsoft.

Alors, dans ce contexte agité (mais aussi en des temps plus calmes) comment défendre son produit ou sa position ? Comment faire qu'un texte, qu'une mesure, qu'une approche soit adopté ou rejeté ? Au niveau de l'Europe, la réponse est de recourir au lobbying avec les nombreux lobbyistes présents à Bruxelles.

Un article sur le travail de ces lobbyistes à Bruxelles est paru dans l'International Herald Tribune du 5 avril 2005. Il donne de nombreux exemples, notamment pour Microsoft et, il y a 15 ans, pour IBM. Avec le témoignages d'un lobbyiste de l'agence GPlus Europe (cofondée par Peter Guilford, avec des anciens de la Commission européenne et des ex-journalistes expérimentés du Monde, du Financial Times : des professionnels de la communication et de l'information, qui connaissent bien le système) :

"One of our jobs is to prevent background noise from damaging relations," said Tom Brookes, a lanky young lobbyist in Guilford's agency who is one of the guardians of Microsoft's tender reputation in Brussels. "It is about keeping people calm".

Donc : pour préserver la réputation des clients, il faut que les gens (et les media) restent calmes.

That struggle had echoes in the fierce battle last year by Microsoft to avoid, among other things, sharing information about its operating system with rivals.

Donc : l'une des missions des lobbyistes a été d'éviter la divulgation des informations sur le système d'exploitation de Microsoft.

Wal-Mart is not alone in wanting to influence what the EU thinks.

Finalement : le but des sociétés et de leurs lobbyistes est de tenter d'influencer ce que pensent les instances européennes. Ce sont 12 à 15 000 personnes qui font ainsi du lobby à Bruxelles...

Sources et liens :
  • Merci à Thierry

[Rappel : En cas de vote favorable sur les brevets logiciels au Parlement européen, des fonctionnalités triviales (comme utiliser une base de données pour un site Web, ou la barre de progression) qui sont déjà brevetées ailleurs, seront valables en Europe si elles ont été acceptées par l'OEB. Avec le risque d'en voir d'autres brevetées. Cela pourra signifier des droits à payer pour les utiliser. Ce qui ne sera pas possible pour ce site, ni pour beaucoup d'autres, y compris ceux de sociétés.]

Le format ouvert charabia

Comment écrire n'importe quoi, mais de manière sérieuse

Les langues peuvent illustrer les problèmes des formats dans le domaine non-électronique. Ainsi, vivantes ou mortes, les langues peuvent avoir des formats fermés ou ouverts et il serait dramatique de n'en avoir plus qu'une seule. Parfois, ce sont certains mots qui ont des formats fermés car ils sont déposés, ou alors le format d'une langue peut se refermer à la mort de sa dernière utilisatrice.

Voici une autre illustration : écrire un texte en utilisant des termes connus, qui assemblés donnent des expressions et des tournures incompréhensibles mais qui peuvent sembler tout de même sérieuses voire dignes d'intérêt. On part d'un format ouvert, celui des mots connus, et on aboutit à un format fermé car incompréhensible. Sur l'échelle des possibilités, il y a deux extrêmes :

  • d'un côté les formes de langues utilisées par des pouvoirs totalitaires pour ne pas désigner clairement les choses ;
  • de l'autre le cas humoristique de textes ne voulant rien dire, volontairement, mais pris très au sérieux !

C'est ce qui est arrivé récemment pour trois étudiants : ils ont élaboré un programme qui crée des articles pseudo-scientifiques faits d'un amalgame de termes en vigueur assemblés n'importe comment. Deux textes ainsi créés ont été soumis au comité de sélection d'un colloque international et l'un a été retenu. Un problème de date de retour, selon les organisateurs, une fois le canular dévoilé.

Pour les langues, on a donc de faux formats ouverts. Dans le domaine des technologies de l'information et de la communication, on peut aussi rencontrer de faux ou de vrais formats ouverts.

Sources et liens :

[Rappel : En cas de vote favorable sur les brevets logiciels au Parlement européen, des fonctionnalités triviales (comme utiliser une base de données pour un site Web, ou la barre de progression) qui sont déjà brevetées ailleurs, seront valables en Europe si elles ont été acceptées par l'OEB. Avec le risque d'en voir d'autres brevetées. Cela pourra signifier des droits à payer pour les utiliser. Ce qui ne sera pas possible pour ce site, ni pour beaucoup d'autres, y compris ceux de sociétés.]

Le format pour les horodateurs

Avez-vous le bon format pour payer ?

Extrait d'un billet du 13 septembre 2004 intitulé Parlons format d'argent. Un format vraiment national ? :

En effet, on a de plus en plus pour le stationnement des voitures, des bornes utilisables uniquement avec la carte électronique de stationnement de la ville où vous vous trouvez. Ou alors utilisables uniquement avec la carte électronique Moneo. Donc, si vous n'avez pas l'une de ces cartes, impossible de payer... alors que vous avez de la monnaie (nationale) ! De plus, autant de communes, autant de cartes... et le principe de format unique de la monnaie disparait.

C'est ce problème du format non-électronique des cartes de paiement qui se pose depuis une récente décison de justice. Un juge a relaxé une automobiliste qui n'avait pas réglé ses amendes pour stationnement non-payé : il a été avancé et validé que la carte Moneo en tant que seul moyen de paiement des stationnements était en contradiction avec le principe de devoir accepter la monnaie ayant cours légal (la carte nécessite une souscription).

Les cartes de stationnement propres aux villes pouvant être payées en liquide, chèques ou carte bancaire, la situation est moins contraignante que le fait d'avoir le système Moneo qui nécessite une carte bancaire avec ce service souscrit. Mais si on en arrivait à autant de cartes que de communes... le principe de monnaie nationale ayant cours dans partout le pays serait certes respecté mais peu pratique avec 36000 cartes (et même 30 cartes en imaginant des cartes régionales est élevé).

Pour ce sujet monétaire, la solution légitime est un seul et unique format, ce qui ne correspond pas au principe de diversité avec les formats ouverts car ces derniers sont interopérables.

Sources et liens :

[Rappel : En cas de vote favorable sur les brevets logiciels au Parlement européen, des fonctionnalités triviales (comme utiliser une base de données pour un site Web, ou la barre de progression) qui sont déjà brevetées ailleurs, seront valables en Europe si elles ont été acceptées par l'OEB. Avec le risque d'en voir d'autres brevetées. Cela pourra signifier des droits à payer pour les utiliser. Ce qui ne sera pas possible pour ce site, ni pour beaucoup d'autres, y compris ceux de sociétés.]

Langues et formats

Une seule langue, un seul format, un seul logiciel ?

Citation lu dans un article du Monde d'octobre 2004 et reprise dans un numéro de Télérama de mars 2005 :

Rien ne serait pire pour l'humanité que de progresser vers un monde où on ne parlerait qu'une seule langue. Ce serait un rétrécissement de la pensée. Cela voudrait dire une seule culture.

Jacques Chirac tenait ces propos en réponse à des questions de jeunes Vietnamiens le 7 octobre 2004 au Centre culturel français L'Espace de Hanoï (lors de son voyage officiel au Vietnam). Et si vous remplacez le mot « parlerait » par utiliserait et « langue » par format ?

La langue peut être vu comme un format non-électronique et ouvert... quand on a accès aux outils pour en comprendre le sens et le fonctionnement (dictionnaires, grammaires) voire en évitant les marques et expressions déposées.

A contrario, vivante ou morte, une langue est aussi un format fermé quand on n'a aucune information sur elle (sans dictionnaire pour la comprendre ou lorsqu'une langue uniquement orale voit sa dernière utilisatrice disparaître) ou quand un jargon bati avec des termes courants désignent des faits que l'on évite de formuler trop clairement (l'histoire, le marketing ou la communication en fournissent des exemples).

La diversité des langues, des formats, des logiciels s'oppose à l'idée de n'avoir qu'une seule langue, qu'un seul format, qu'un seul logiciel. Et cette approche d'avoir un unique logiciel est même parfois avancé comme un avantage :

La vérité est : moins il y a de systèmes d'exploitation différents dans une société, mieux cela est d'un point de vue de la sécurité. Simplement car on doit dépenser des millions de dollars pour assurer la sécurité de chaque système individuellement. Notre société possède un nombre incroyable de personnes qui sont responsables de ce type de sécurité en permanence. (Bill Gates, interviewé par le journal allemand Der Spiegel).

Sécurité avec un seul système uniquement détenu par un tiers ou sécurité grâce à la maîtrise indépendante des formats (code source ouvert des logiciels, formats ouverts des données, protocoles ouverts) ?

Sources et liens :

[Rappel : En cas de vote favorable sur les brevets logiciels au Parlement européen, des fonctionnalités triviales (comme utiliser une base de données pour un site Web, ou la barre de progression) qui sont déjà brevetées ailleurs, seront valables en Europe si elles ont été acceptées par l'OEB. Avec le risque d'en voir d'autres brevetées. Cela pourra signifier des droits à payer pour les utiliser. Ce qui ne sera pas possible pour ce site, ni pour beaucoup d'autres, y compris ceux de sociétés.]