Pour les formats ouverts !

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L'interopérabilité et le communiqué de presse

Microsoft et Novell : un texte parlant d'interopérabilité ; et les formats ouverts ?

Le 2 octobre 2006, Microsoft et Novell annonçaient un accord qui soulevait des questions. Le 7 novembre 2007 ils ont publié un communiqué de presse [2] pour les « un an ».

Le titre : « Microsoft et Novell célèbrent une année d'interopérabilité et étendent leur accord de collaboration » ; le mot interopérabilité y figure, figure imposée de la communication, même s'il s'agit de compatibilité ; et il s'agit même des 1 an et 1 mois.

Le sous-titre : on y parle de « pont entre Windows et SuSE Linux Entreprise », donc de compatibilité entre 2 systèmes ; c'est approprié et le bon terme.

Le texte : pas de « standards ouverts » (mais un « basé sur les standards ») ; pas de « formats ouverts » (mais du « open source » et de la « compatibilité de format de document »).

Les standards ouverts ne sont pas forcément appelés pour assurer l'interopérabilité, alors que fin octobre 2006, cela était évoqué.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :
  • le lundi 08 novembre 2004 : 1 article (Conférence « Méfiez-vous de votre vie numérique ! »)
  • le mardi 08 novembre 2005 : 2 articles (TEI, RDF, web sémantique, métadonnées, records management ; Deux appels en faveur des standards ouverts, mais...)
  • le mercredi 08 novembre 2006 : 1 article (La capsule Yahoo! : rendez-vous en 2020 pour se confronter aux formats)

Le GdT Interop répond à l'Europe

Une réponse à propos de l'interopérabilité en Europe

« IDABC is interested in your reactions. » : tel était le message du programme IDABC de l'Europe [1] à propos de la révision entamée en 2006 de ses documents European Interoperability Framework (EIF, Cadre européen d'interopérabilité) et de Architecture Guidelines (AG, Guide d'architecture) [2]. La date butoir était le 15 septembre 2007.

Le groupe de travail Interopérabilité de l'AFUL, le très actif GdT Interop [3], a répondu le 12 septembre à cet appel à réactions en publiant une réaction de 12 pages (au format PDF) adressée à IDABC [4]. Dans le résumé du document, on peut lire :

Mainly, we advocate for open standards to be and remain a central point in EIF v2.0 (Principalement, nous recommandons que les standards ouverts soient et restent un point central dans le cadre européen d'interopérabilité version 2.0).

Donc les standards ouverts comme élément clé de l'interopérabilité, comme ce qui était déjà demandé par l'Europe en septembre 2004 pour la bureautique.

Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Lettre de Microsoft sur l'interopérabilité

« Le choix »

Après la publicité et le contenu du site sur l'interopérabilité de Microsoft France, c'est le site anglais [1] qui est à l'honneur.

Le 15 juin 2007, le site a publié une lettre signée par 2 hauts responsables de la société, Tom Robertson (General Manager, Interoperability and Standards) et Jean Paoli (General Manager, Interoperability and XML Architecture). (Ils avaient déjà publié mi-février une lettre ouverte, quelques jours avant le 22 février.)

Le titre est Choice (Le choix), sous-titré Les utilisateurs auront à décider du format de leur document [2].

Le plan : une introduction, 4 parties et une conclusion. Pour le vocabulaire et leurs statistiques :

  • aucune utilisation des termes « format ouvert » ou « standard ouvert » ;
  • une seule fois le mot interopérabilité, « interopérabilité entre eux » à propos de OpenDocument Format et de OpenXML : donc la confusion et la simplification classiques (voire volontaires ?), car il s'agit de compatibilité entre les 2 formats.

Le texte avance qu'avoir plusieurs standards est une question de diversité et ne pose pas de problème (mais pas des standards ouverts) : et Office OpenXML ne couvre pas les mêmes besoins que OpenDocument Format.

Extraits des 4 points principaux :

  • « les utilisateurs ont toujours eu le choix parmi de nombreux formats et devraient continuer ainsi » avec des utilisations différentes pour ODF et OpenXML qui sont « fondamentalement différents ». Il faut donc avoir le choix, ce que Microsoft illustre avec le soutien qu'il a apporté pour que ODF figure sur la liste des formats reconnus par l'ANSI [3] ;
  • « OpenXML et ODF sont deux formats disctincts qui servent des besoins différents » : notamment la reprise de l'existant... ce que Office OpenXML sait faire pour des anciens formats fermés d'Office qui sont dans « l'âge sombre du numérique ».
  • « Open XML, ODF, UOF et d'autres formats peuvent coexister et coexisteront » : et Microsoft soutient les « convertisseurs Open Source » entre OpenXML et UOF (format chinois) ; mais aucun travail de Microsoft pour inclure ODF et UOF directement par eux-mêmes.
  • « Open XML est fortement approprié » et il aura « un impact positif », dit le texte. Et la conclusion : il d'agit de « proposer un choix supplémentaire parmi les formats reconnus [par l'ISO] ».

Finalement, quelle est la stratégie dans cette approche :

  • trop de standard ne tuerait-il les standards ?
  • puisque les États veulent des standards, qu'il en ait (voire trop) !
  • à trop avoir de standards, la confusion est telle qu'autant garder celui qui est connu...
Sources et liens :
Et sur Formats-Ouverts.org :

Ne l'appelez plus interopérabilité, mais dites...

En anglais, ne dites plus « interoperability » mais « substitutability » : et en français ?

L'interopérabilité, c'est finie ! C'est ce qu'avance le texte de Simon Phipps. Soyons plus précis : il ne s'agit pas de la notion, qui demeure capitale, mais du terme. En effet, la dénomination « interopérabilité » peut poser 2 problèmes :

  • tout le monde veut de l'interopérabilité, la soutient et se dit en sa faveur... tout du moins « l'interopérabilité » avec ses propres outils, qui n'a plus sa portée générale initiale : la compatibilité est souvent confondue avec, volontairement ou pas ;
  • cela ne signifie pas obligatoirement utilisation de standards ouverts : quand tout le monde utilise le même outil qui est le seul et unique, il n'y a plus de souci de format ou de protocole pour échanger (et le format utilisé par cet outil peut être ouvert ou pas).

L'article de Simon Phipps utilise le terme anglais de « substitutability ». Mais dans un format français, comment traduire cela :

  • en utilisant le verbe substituer, la substitution ou subsituable ?
  • en utilisant l'adjectif interchangeable et l'interchangeabilité ? (interchanger n'existe pas)
  • ou alors avec remplacer ou remplaçable ?

Sans doute un peu de tous, selon le contexte, car l'idée derrière ces possibilités est sans doute plus claire :

  • ce balladeur numérique n'est pas interchangeable avec n'importe quel autre ;
  • ce téléphone est interchangeable avec celui de votre choix ;
  • pour lire cette video en ligne, on peut subsituter à votre logiciel de lecture video un autre logiciel de la même catégorie ;
  • ce logiciel de chat est parfaitement remplaçable par un autre pour le même résultat ;
  • l'interchangeabilité assure que la liberté de choix demeure.

Mais interopérabilité est un nom : seule « interchangeabilité » en est aussi un, peut-être plus clair (on reconnaît « changer », on connaît « interchangeable ») et qui souligne l'aspect d'indépendance. Sauf à créer « remplaçabilité », ou encore plus proche du terme anglais, « substitutionnabilité » ou « substitutionalité ». Mais la prononciation n'en est pas plus facile pour autant.

Il est amusant de relever que la courte définition d'interchangeabilité dans le dictionnaire Le Robert (« Caractère de ce qui est interchangeable ») cite comme exemple : « L'interchangeabilité des pièces standardisées »... Standardisées oui... et de manière ouverte !

Reste à savoir si l'interchangeabilité peut s'imposer dans le vocabulaire, alors que des efforts ont été entrepris pour expliquer l'interopérabilité. Sans doute au moins en complément, pour tenter de déjouer les chausse-trapes du vocabulaire.

Et sur Formats-Ouverts.org :

Ceci est le 900e article de Formats-Ouverts.org (le 800e, sur Microsof et les standards, était il y a exactement 3 mois, le 16 juin 2006).

La Commisssion européenne et l'interopérabilité

L'interopérabilité : extrait d'une interview de Viviane Redding

Viviane Redding, commissaire européenne à la Société de l'Information et des Médias est longuement interviewée dans le magazine Citizen-e n°3, de juin-juillet 2006 [1]. Parmi les 11 questions et réponses, il y a celle-ci : Quels sont les projets relatifs à l'interopérabilité des services e-gouvernement ? Réponse (gras ajouté) :

L'interopérabilité est essentielle pour la construction d'un espace européen unique de l'information. En février, la Commission a publié une communication sur l'interopérabilité (Pan-European eGovernment services, document COM 2006/45 final). L'une des difficultés réside dans la multiplicité des niveaux nationaux, régionaux et locaux. Pour le moment, l'interopérabilité fait souvent l'objet d'une réflexion après coup plutôt que d'une démarche préalable. La plupart des problèmes sont réglés dans des contextes variés et sur la base d'accords bilatéraux ou multilatéraux. L'European Interoperability Framework est en cours d'actualisation. Les services e-gouvernement interopérables doivent s'appuyer sur des spécifications, des interfaces et des standards ouverts. Un groupe de travail constitué d'experts e-gouvernement a été créé en collaboration avec le CEN (European Committee for Standardisation). Son rapport, comprenant des recommandations et des propostions, devrait sortir pour la fin 2006. L'interopérabilité n'est pas seulement un problème technique. Pour la Commission, l'interopérabilité doit être assurée aussi à deux autres niveaux : interopérabilité organisationnelle (compatibilité des processus et des environnements juridiques) et interopérabilité sémantique (par exemple le contenu et la forme des actes de naissance). [2]

L'interopérabilité reposant sur des standards ouverts, on ne peut que souscrire. Avec une définition claire de ces termes.

Sources et liens :
  • [1] Site du magazine Citizen-e : http://www.citizen-e.fr
  • [2] Interview de Viviane Redding par François-René Dechamps, magazine Citizen-e, n°3, juin-juillet 2006, page 4 à 6, prix 16 euros
Et sur Formats-Ouverts.org :

Un texte de Microsoft France sur l'interopérabilité

« L'interopérabilité en soutien de l'administration électronique », de Bernard Ourghanlian, Microsoft France

Cette fois, il ne s'agit pas d'aborder les formats sous l'angle de l'autodérision, ni avec des déclarations nécessitant des précisions, mais de signaler un texte de Bernard Ourghanlian de Microsoft France.

Il s'agit d'une interview, parue le 7 mai 2006, signalée sur le blog XaMaLa de Franck Halmaert (chef de produit Microsoft Office System France [1]). Bernard Ourghanlian occupe un poste important chez Microsoft France : Directeur de la Technologie et de la Sécurité (CTO et CSO en anglais ; et sans doute aussi NTO, le National Technology Officer, c'est-à-dire le responsable du dossier des standards et de l'interopérabilité [2]).

Le sujet de l'interview est l'interopérabilité, qui est traitée au travers de 6 questions-réponses [3]. Extraits (gras ajouté) :

En effet, l'interopérabilité permet de favoriser le choix, la concurrence et l'innovation, de réduire les coûts et la dépendance vis-à-vis d'un fournisseur unique tout en favorisant un accès ouvert aux informations.

Il n'y a rien à redire ; et on pourrait dire cela aussi des standards ouverts.

Il est nécessaire de travailler sur plusieurs plans à la fois : [...] ; en recourant de préférence à des standards ouverts, dont les spécifications techniques sont claires, bien diffusées et soutenues par une large communauté de fournisseurs de solutions ou de services ;

Cette définition (spécifications techniques « claires », diffusion et soutien d'une « large communauté de fournisseurs ») des standards ouverts (auxquels on peut même recourir systématiquement) est intéressante mais sans doute moins complète que celle de la loi française (« les spécifications techniques sont publiques et sans restriction d'accès ni de mise en œuvre. »).

Microsoft fait preuve d'un engagement extrêmement significatif en faveur de l'interopérabilité, notamment pour ce qui concerne la prise en charge générique des standards tels que ceux du W3C tels que XML, UDDI, SOAP, les standards des services Web, etc. mais aussi grâce à la mise en œuvre des standards au sein de ses produits et technologies afin de permettre l'interopérabilité au sein d'environnements hétérogènes (Services pour UNIX, Services pour NetWare, BizTalk, Host Integration Server,...).

Les standards du W3C sont ouverts, mais le mot « standards », comme « standards de fait » ou « standards de l'industrie » ne signifient pas forcément « standards ouverts », et ne permettent donc pas forcément ce qui est fort justement mis en avant dans la première citation. Ce texte s'inscrit bien dans l'actualité, avec le Référentiel Général d'Interopérabilité (RGI) en France ou les standards ouverts votés au Danemark.

D'autres déclarations

Il y a déjà eu de nombreuses déclarations à propos d'interopérabilité, de standards (ou de formats) ouverts, de XML, de la part de Microsoft :

Sources et liens :

«Open Discussion Day» le 19 mai, et aussi après !

Première « journée de discussion ouverte », une journée en faveur du format ouvert de messagerie instantanée

19 mai 2006 : premier Open Discussion Day. Il s'agit au cours de cette journée de mettre en avant deux points : d'une part le problème de la non-interopérabilité des messageries instantanées, et d'autre part la solution constituée par le protocole ouvert Jabber.

Non-interopérabilité : « Je ne parle qu'avec ceux qui ont le même logiciel »

A priori, pour échanger avec quelqu'un, l'interopérabilité est souvent la règle : que ce soit pour le téléphone fixe, le mobile ou le courrier électronique, on ne se soucie pas de l'appareil ou du logiciel utilisé par son interlocuteur, on appelle ou on écrit.

Mais pour la messagerie instantanée, c'est le contraire : on ne peut échanger avec les autres que si ces autres ont le même logiciel, car sinon cela est difficile voire impossible. Telle est la situation de la plupart des services disponibles : MSN Messenger, Yahoo! Messenger, Wanadoo Messenger, AIM ou ICQ, chacun échange au mieux... avec lui-même (même s'il y a parfois des accords de compatibilité, comme entre Yahoo! et Microsoft).

La raison ? Le protocole utilisé par chaque logiciel lui est propre et n'est pas ouvert (ou très peu). De la sorte, les utilisateurs sont « incités » à conserver leur logiciel et à converser avec celles et ceux qui ont le même.

Jabber : un protocole ouvert et reconnu par l'IETF

Pourtant une solution existe : le protocole ouvert de messagerie instantanée Jabber/XMPP [1], qui a été normalisé par l'IETF. Il est utilisé par plusieurs logiciels, dont Google Talk, lancé à l'été 2005.

Et alors le 19 mai ? Et après ?

La journée Open Discussion Day (ODD) [2] vise à promouvoir le protocole ouvert Jabber/XMPP face aux systèmes de messagerie propriétaires que sont MSN, Yahoo!, AIM et ICQ, en espérant avoir un jour un système de messagerie instantanée aussi ouvert que peut l'être par exemple le courrier électronique avec les protocoles ouverts SMTP, POP et IMAP [3].

C'est la communauté francophone des utilisateurs du protocole ouvert de messagerie instantanée Jabber/XMPP qui lance l'ODD. Et après le 19 mai ? Continuer d'expliquer la situation verrouillée, montrer les avantages des protocoles ouverts et mettre en avant les logiciels utilisant Jabber/XMPP.

Sources et liens :

Pas d'interopérabilité = 1 milliard de dollars de perte

L'absence d'interopérabilité coûte très cher à l'industrie !

Encore un rapport qui traite des DRM et de l'interopérabilité ? Oui. Et encore une fois avec le souhait que l'interopérabilité existe ? Oui. Mais cette fois, le rapport en question traite du sujet sous l'angle financier : et il pointe les pertes.

Ainsi, selon le rapport World Digital Rights Management Markets [1] publié par le cabinet d'études Frost & Sullivan [2], l'absence d'interopérabilité provoque une perte de 1 milliard de dollars pour ce qui est de l'Europe. Il s'agit du montant pour le secteur de la téléphonie mobile en Europe, du fait de l'absence d'interopérabilité (causée par les DRM) entre les ordinateurs, les baladeurs numériques et les téléphones mobiles.

C'est pourquoi le Mobile Entertainment Forum (MEF), qui regroupe de gros industriels du secteur du mobile, en appelle à la mise en place d'un mDRM (mobile DRM) « ouvert et interopérable ». Mais ce n'est pas au sens de format ouvert, bien plus d'une compatibilité entre les acteurs ayant adopté le DRM retenu.

Trois dernières remarques sont à faire :

  • dans les autres secteurs (video à la demande, musique, bureautique, télévision,...), l'absence d'interopérabilité coûte combien aux industriels ?
  • faire toucher du doigt le problème de l'interopérabilité en passant par l'important manque à gagner, peut-être est-ce le bon format pour que cela soit pris en compte ? Mieux que le rapport parlementaire australien ou que les sites, les associations, les personnes qui parlent des DRM et de leurs problèmes ?
  • la dernière phrase de la présentation générale du rapport indique combien le colossal marché des loisirs numériques suscite les envies des fournisseurs de contenus comme celles des fournisseurs de DRM.
Sources et liens :
  • [1] Le rapport World Digital Rights Management Markets, publié en mai 2006 en anglais, n'est pas disponible gratuitement en ligne (6 000 $) : on peut en consulter une présentation générale et la table des matière sur le site MarketResearch.com, http://www.marketresearch.com, après s'être enregistré.

Interopérabilité et International Herald Tribune

La loi DADVSI expliquée par le ministre dans le journal américain

Le journal International Herald Tribune (IHT au format abrégé) consacrait le 2 mai un article [1] au projet de loi DADVSI. Le ministre de la culture, Renaud Donnedieu de Vabres, était interviewé. Il y a été question de formats et d'interopérabilité. Parmi les nombreux points évoqués, 2 sont à relever et à compléter.

L'article parle de la réaction possible d'Apple (quitter le marché français [2]) et du soutien de Carlos Gutierrez, ministre américain du commerce [3] ; plus rarement lu ailleurs, l'article indique aussi que l'interopérabilité souhaitée est aussi valable pour Sony et son format ATRAC. Mais Microsoft avec son format WMA est lui aussi concerné (donc les sites de vente FNAC.fr et VirginMega.fr) !

Le ministre indique que pour les chansons et les video achetés sur Internet, « cela devrait être comme les CD et les DVD et utilisable sur toutes les machines »... mais cela n'est déjà plus le cas : il y a les vrais CD audio et les autres, il y a les DVD lisibles que sur certaines machines, il y a les HD-DVD et les Blu-ray Disc !

Le verrouillage et les formats fermés sont bien plus la manière de voir les choses que l'interopérabilité et les formats ouverts.

Sources et liens :

L'interopérabilité des signatures électroniques

L'Europe veut plus d'interopérabilité des signatures électroniques

La Commission européenne, par la voix de Mme Reding, chargée de la société de l'information et des médias, a commenté [1] le rapport sur les signatures électroniques qui lui a été remis mi-mars. Le marché qu'elles représentent « s’est développé beaucoup plus lentement que prévu ». La Commission envisage les cartes d’identité électroniques comme outils de signature électronique, en plus de la pièce d'identité et du moyen d’accès aux services publics en ligne qu'elles constituent. L'Europe annonce aussi vouloir soutenir et inciter au développement et à l'utilisation de la signature électronique. Sauf que... :

[...] Il reste beaucoup à faire, notamment dans le domaine de l’interopérabilité des signatures entre les pays. [...]

[...] L’accent sera mis en particulier sur l’interopérabilité et l’utilisation transfrontalière des signatures électroniques. La Commission encouragera la poursuite des travaux de normalisation pour promouvoir l’interopérabilité des systèmes de signature électronique à l’intérieur et au-delà des frontières et l’utilisation de toutes sortes de technologies pour les signatures électroniques qualifiées dans le marché intérieur. [...]

[...] [La Commission organisera des réunions] pour améliorer l'interopérabilité transfrontalière des systèmes de signature électronique. [...]

Dans le communiqué de presse [1], le sujet de l'interopérabilité est donc citée 4 fois. Comment faire pour que la signature électronique d'un pays soit utilisable dans tous les pays de l'Union :

  • tout le monde utilise le même processus ?
  • il y en a plusieurs systèmes qui sont compatibles ?
  • on utilise des standards ouverts ?

Cette question de l'interopérabilité de la signature électronique se pose aussi au niveau européen pour les trains ou pour le casier judiciaire (et en France pour le dossier médical personnalisé ou pour un porte-avion).

Sources et liens :

Interopérabilité des messageries instantanées sur téléphone portable

Le journal Le Monde traite des messageries instantanées sur portables

La définition du terme interopérabilité donnée par le site LesTelechargements.com était très surprenante... Cette interopérabilité est le mot magique souvent avancé, comme standard ouvert.

Cette fois, c'est la messagerie instantanée sur portable qui revendique l'interopérabilité. Pris séparément :

  • la messagerie instantanée sur ordinateur : pas d'interopérablité, on fait la causette qu'avec celles et ceux qui ont le même logiciel !
  • la téléphonie mobile : l'interopérabilité est en action, en appellant sans se soucier de la marque du téléphone ou de l'opérateur.

Et en mélangeant les deux : interopérabilité ou pas ? Le Monde répond avec son style assez posé (son format ?) à propos des accords signés lors du salon 3GSM 2006 :

A l'occasion du Salon barcelonais, une quinzaine d'opérateurs, parmi lesquels Vodafone, Orange, T-Mobile, Telefonica Mobiles, Telecom Italia, et China Mobile, ont signé un accord d'interopérabilité entre leurs différentes solutions de messagerie.

Il y a ici confusion entre interopérabilité et compatibilité : c'est la compatibilité entre les acteurs signataires qui est en vigueur.

Google, Yahoo!, MSN et AOL n'attendront probablement pas que des outsiders se constituent sans eux une base d'utilisateurs sur mobiles. Pour fermer le marché à d'autres, l'interopérabilité entre les quatre grands est attendue. Google et AOL font déjà communiquer leurs messagers sur les postes fixes. L'accord MSN et Yahoo! est signé et la mise en œuvre pour bientôt. Ses accords pourraient prochainement s'étendre à la téléphonie mobile.

Encore une fois confusion interopérabilité-compatibilité... mais la citation en gras ci-dessus mérite d'être reformulée dans un format plus clair : les 4 principales sociétés qui dominent le marché vont se mettre d'accord entre elles pour que leur logiciel soit compatible et ainsi empêcher la concurrence !

Les formats sont bien des armes techniques et économiques quand ils ne sont pas ouverts , pour verrouiller et contrôler son marché. Pas d'interopérabilité, plus de concurrence loyale, mais un cartel. Sauf que pour Google avec Google Talk, le dernier arrivé à l'été 2005, le protocole utilisé est Jabber/XMPP, un protocole ouvert : comment cela va-t-il se passer ? Les trois sociétés, AOL, Microsof et Yahoo! peuvent très bien se mettre d'accord sans inclure le dernier arrivé sur ce marché.

Sources et liens :

Baladeurs video : c'est aussi la guerre des formats

Outre la guerre des formats en musique, voici la guerre pour les formats video

Autant de baladeurs numériques musicaux, autant de formats, ou presque, avec 3 formats fermés différents et incompatibles, ceux d'Apple (AAC), de Microsoft (WMA) et de Sony (ATRAC), chacun avec son site de vente en ligne (iTunes d'Apple, Connect de Sony, VirginMega ou FNACMusic) et chacun sa gamme de baladeurs (les iPod d'Apple, les appareils de Sony et ceux compatibles WMA). Et avec aussi des DRM, mesures techniques de protection.

Et pour les baladeurs video ? On ne change pas une équipe de verrouillage qui gagne : le scenario se répète donc, en jouant sur le support et la résolution :

  • l'iPod video, le dernier né de la gamme d'Apple : format MPEG4 et une résolution donnée ;
  • la PSP de Sony, avec le format UMD pour le support de lecture et le MPEG4 également, mais dans une autre résolution ;
  • les baladeurs video du français Archos avec le Divx, le Xvid et le MPEG4 à certaines résolutions.

Il manque à l'appel le format Real Video de RealNetworks, le Windows Media Video de Microsoft Video et le QuickTime d'Apple, eux aussi utilisés pour les fichiers video de films, clips, séries et autres bande annonces. Tous ces formats ne sont pas ouverts et ne permettent pas d'interopérabilité.

La télévision hertzienne ou la radio ne posent pas ce type de problème : les progrès du numérique... Au milieu de ce champs de bataille quelle structure proposera un format video ouvert, comme Theora ? Peut-être une struture publique comme l'Assemblée nationale (avec les 2 formats actuels, Real et Windows Media Video), le Sénat, la Chaîne Parlementaire (avec le seul format Windows Media Video) ou la nouvelle DGME (ex-ADAE qui faisait des efforts).

Sources et liens :

«Interopérabilité des systèmes d'information», dit le Conseil des Ministres

Une ordonnance ministériel exige l'interopérabilité

Lors du conseil des Ministres du mercredi 7 décembre 2005, une ordonnace a été présentée par le ministre délégué au Budget et à la Réforme de l’État, Porte-parole du Gouvernement. Elle porte sur les échanges électroniques entre les usagers et les autorités administratives et entre les autorités administratives. Son paragraphe de fin indique (gras ajouté) :

L'ordonnance prévoit enfin des dispositions relatives à la sécurité des échanges et à l'interopérabilité des systèmes d'information destinés à rendre compatibles les différents systèmes des administrations. Un référentiel général de sécurité fixera les règles auxquelles les administrations devront se conformer pour garantir la sécurité des échanges. Un référentiel général garantira l'interopérabilité afin de faciliter les échanges d'informations entre administrations, après accord de l'usager.

L'interopérabilité est capitale pour échanger, à moins de ne plus avoir qu'un seul système identique (et donc sans aucune diversité) et elle repose sur les standards ouverts. L'interopérabilité a déjà été mise en avant par le conseil des ministres (ou par d'autres instances) à propos de différents autres dossiers :

Sources et liens :

Mesdames, messieurs, voici les validateurs

Le W3C et ses Validator, des outils bien utiles

Les formats HTML, XHTML, RSS et Atom sont des formats ouverts promus par le World Wide Web Consortium (W3C). Ils concernent respectivement les pages Web, ces mêmes pages Web mais dans un format de la famille XML et la syndication via des flux (RSS ou Atom).

Comme ces 4 formats sont des standards ouverts, ils sont publiés (très souvent en ligne), librement accessibles et utilisables. Il est donc possible de vérifier si les formats HTML, XHTML, RSS ou Atom d'un site Web sont conformes aux spécifications officielles établies.

Cette comparaison est techniquement assez simple : il s'agit de vérifier si la liste des indications techniques utilisées (dénommées balises et présentes dans les coulisses des documents) ne propose pas d'autres indications que celles admises. Pour un être humain, cela serait fastidieux, mais pour un programme informatique, cette comparaison est assez aisée et rapide.

Ainsi, le site du W3C propose-t-il deux programmes de validation automatique :

  • le Markup Validation Service pour les pages Web, aussi appelé Validator ou HTML Validator ;
  • le FEED Validation Service pour les flux de syndication, disponible depuis le 21 novembre 2005.

Il suffit de saisir l'adresse du site Web, ou celle d'un flux de syndication, et la réponse est presque immédiate : valide ou pas. En cas de réponse positive, il est possible de placer sur la page un logo pour signaler cette conformité. (Pour Formats-Ouverts.org, les pages Web en XHTML et les fils de syndication Atom et RSS sont valides, grâce au logiciel DotClear qui est utilisé pour le site.)

Mais pourquoi ces validations ? Elles permettent de garantir l'interopérabilité : les documents dans ces formats ouverts sont utilisables quel que soit le navigateur Web ou le lecteur de flux de syndication qui respectent ces spécifications ouvertes. Cette validation est un bon point de départ pour ce qui concerne la qualité des sites ou des services en ligne, notamment l'accessibilité, comme le développe la liste des bonnes pratiques d'Opquast.

Sources et liens :

Le format du CD audio, son interopérabilité et trois réactions à l'affaire Sony

Cinq remarques à propos du format du CD audio : son interopérabilité, sa fin, et 3 réactions

Le CD audio et son format continuent d'être en vedette avec ceux de Sony BMG, même si cela est plus médiatisé dans les pays anglo-saxons (l'Europe n'est pas concernée par les CD en question, comme expliqué dans le troisième point). Voici donc des remarques en 5 temps à propos de ce dossier des CD audio Sony BMG avec leur technologie de protection de contenu XCP.

Le CD audio, un exemple d'interopérabilité

Il y a 20 ans, au début des années 80, des industriels, dont Philipps et Sony, se sont mis d'accord pour établir une nouvelle forme de support de musique, dénommée Compact Disc Digital Audio, plus connu sous le nom de CD audio. C'était à la fois un nouveau format physique de support (un disque fin de 12 cm de diamètre) et un nouveau format pour le son, le numérique.

Fin donc du format des disques vinyle en 33 et 45 tours, avec les acheteurs qui firent parfois attention au type de son numérique proposé : était-ce un CD en AAD, ADD ou DDD ? A pour Analogic (son analogique), D pour Digital (son numérique), chaque lettre décrivant l'une des 3 étapes de la chaîne : l'enregistrement, le mixage et le son final (toujours en numérique).

Une des caractéristiques des CD audio était d'être utilisables avec tous les appareils affichant le logo et la dénomination Compact Disc Digital Audio. C'était le cas des platines de CD, des lecteurs de CD des chaînes haute-fidélité, des baladeurs de CD, des autoradios avec CD et aussi des ordinateurs. On insérait le CD audio, il était joué, sans distinction du type d'appareils, de marque ni de CD. De plus il était possible de graver des CD audio, le format étant ouvert.

La fin de l'interopérabilité (?)

Cependant le problème des contrefaçons (la copie numérique est très facile, c'est même une de ses caractéristiques) et le problème de de diffusion illégale sur Internet ont mis les CD à mal. Au point d'avoir des CD audio qui finalement ne sont plus des CD audio : ils ne sont lisibles que dans certaines conditions bien précises (ce fut par exemple le cas l'été dernier avec le CD audio du dernier album des Rolling Stones remis à la presse), et plus sur tous les lecteurs.

Le cas des CD audio de Sony BMG est un exemple ultime : ils embarquent leur propre lecteur pour une utilisation sur ordinateur (du moins sous Windows) et aussi leur technologie de protection de contenu XCP. La fin de l'interopérabilité des CD audio ? En un sens, oui. La FAQ publiée par Sony à propos de ses CD audio concernés par le problème de la technologie XCP est assez explicite : on est loin du « il suffit de glisser le CD audio dans n'importe quel lecteur pour l'utiliser ».

Réaction de Sony : rappel des CD, mais l'Europe n'est pas concernée

Mesures importantes, Sony BMG a d'abord publié le 16 novembre un communiqué de presse consacré à ce sujet, avant de décider le 18 de lancer un programme d'échange et de rappeler les CD concernés. Enfin Sony BMG France a réagi à propos de cette affaire et a diffusé un communiqué de presse que le site Toolinux reprend :

Sony BMG US fait l’objet d’importantes critiques de la part de la presse américaine sur la mise en place de systèmes permettant la gestion de la copie privée sur certains CDs commercialisés aux USA et Canada. [...] Le marché français n’est donc en rien concerné par ce problème purement américain.

Réaction américaine : le danger de grippe aviaire rend vital l'utilisation des ordinateurs

Le ministère de la sécurité intérieure (Department of Homeland Security, DHS) des Etats-Unis a lui aussi fait part de sa réaction et de son inquiétude face à cette situation. Stewart Baker, du DHS, fit un commentaire rapporté sur le blog du Washington Post :

C'est très important que rappeler que c'est votre propriété intellectuelle - ce n'est pas votre ordinateur. Et dans les efforts de protection de la propriété intellectuelle, il est important de ne pas contrer ou sous-estimer les mesures de sécurité que les gens doivent adopter en cette période. (It's very important to remember that it's your intellectual property - it's not your computer. And in the pursuit of protection of intellectual property, it's important not to defeat or undermine the security measures that people need to adopt in these days.)

Mais la raison de cette protestation officielle n'est pas liée aux problèmes de sécurité ni au respect de la vie privée :

Si nous avons une épidémie de grippe aviaire et même si elle est à peine moitié moins importante que la grippe de 1918, nous serons énormément dépendant de notre capacité d'avoir des accès à distance via ordinateur pour de nombreuses personnes, et conserver l'infrastructure en état de fonctionnement sera une raison de vie ou de mort, et nous considérons cela de manière très sérieuse. (If we have an avian flu outbreak here and it is even half as bad as the 1918 flu, we will be enormously dependent on being able to get remote access for a large number of people, and keeping the infrastructure functioning is going to be a matter of life and death and we take it very seriously.)

Réaction de la RIAAA : les CD audio Sony BMG ont des « protections », et alors ?

Cary Sherman, président de la RIAA (Recording Industry Association of America), puissante association américaine de l'industrie du disque a lui aussi réagi à cette affaire. Interrogé lors d'une conférence de presse en ligne le 18 novembre, le site Groklaw rapporte et analyse le passage à propos de Sony et sa technologie XCP :

Il n'y a rien d'inhabituel concernant le fait d'utiliser la technologie pour protéger la propriété intelectuelle. Vous ne pouvez tout simplement pas faire une copie du système d'exploitation de Microsoft, ou virtuellement de n'importe quel autre logiciel diffusé commercialement. C'est la même chose pour les jeux video. Les films, eux aussi, sont protégés. Pourquoi cela serait-il différent pour les CD ? (There is nothing unusual about technology being used to protect intellectual property. You can't simply make an extra copy of a Microsoft operating system, or virtually any other commercially-released software program for that matter. Same with videogames. Movies, too, are protected. Why should CDs be any different?)

Sources et liens :

Les renseignements téléphoniques : problème de formats

Les 118 XYZ, les formats et l'interopérabilité

Le 14 juin 2005, un tirage au sort organisé par l'Arcep (Autorité de Régulation des Communications électroniques et des Postes) avait lieu pour attribuer les nouveaux numéros de renseignements téléphoniques en remplacement du « 12 ». Certains de ces nouveaux numéros, au format 118 XYZ, sont en service depuis le 2 novembre.

Cependant cette mise en place pour tous les utilisateurs de téléphone, depuis n'importe quel opérateur, nécessite un travail commercial et aussi des réglages techniques. Or les personnes utilisant le téléphone via leur fournisseur d'accès semblent écartées pour l'instant des 118 XYZ, avec cette explication de Charles Tonlorenzi, président du 118 000, citée par 01net et repris par L'Express et WPC :

C'est un travail difficile car chaque opérateur utilise son propre format de données et ses méthodes de tarification.

Une nouvelle illustration du problème d'interopérabilité, ici pour le téléphone, qui a priori semble pourtant interopérable (n'importe quel appareil de n'importe quel opérateur permet de joindre un autre appareil, comme pour les fax), au contraire par exemple des messageries instantanées. Mais les formats ouverts ne permettent pas de protéger ses marchés (pas de nouveaux entrants) ni de conserver ses clients.

Sources et liens :
  • Le communiqué de presse de l'Arcep, L’Autorité annonce l’ouverture des nouveaux numéros 118XYZ aujourd’hui 2 novembre 2005 et la création d’un site web dédié aux consommateurs, le 2 novembre 2005, http://www.arcep.fr/communiques/communiques/2005/index-c05-58.htm
  • Site dédié ouvert par l'Arcep, avec « toutes les informations essentielles pour bien comprendre ce changement », http://www.appel118.fr
  • Merci aussi à Georges Braoudakis

Pour des raisons d'interopérabilité

Dit la ministre de la défense

Dimanche 18 septembre entre 18h et 19h, Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, était l'invitée de l'émission Le grand rendez-vous animée par Jean-Pierre Elkabbach, retransmise par la radio Europe 1 et la chaîne de télévision TV5.

Un peu après 18h30, une des questions posées portait sur la possibilité d'une construction en commun d'un porte-avion entre la France (qui en souhaite un autre) et la Grande-Bretagne (qui en souhaite deux).

La réponse a été qu'elle travaillait pour que les modèles soient les plus proches possible « pour une raison d'interopérabilité d'abord ». C'est-à-dire que les caractéristiques techniques de chacun soient assez proches voire identiques pour permettre d'employer du matériel de chacun (par exemple que les dimensions de la piste et des soutes permettent aux avions de chacun des deux pays d'être pris en charge).

En fait, il s'agit plus d'une compatibilité entre les deux futurs navires que d'interopérabilité. Cela souligne bien d'abord l'importance des formats physiques (dimensions des pistes, des câbles,...). Ensuite, on peut sans doute penser que les systèmes d'informations utilisés devront aussi être compatibles (format d'encodage des données, formats des fichiers,...).

L'importance de l'interopérabilité est encore une fois clairement citée, ici pour un porte-avion, comme aussi pour les systèmes ferroviaires transeuropéens ou les casiers judiciaires européens. En espérant que cela soit aussi le cas pour la Bibliothèque numérique européenne.

Sources et liens :

Compatibilité n'est pas interopérabilité

Ne pas confondre la compatibilité avec l'interopérabilité, ni avec uniformité

Voici une petite liste de titres d'articles, d'extraits de texte ou de titres de communiqué de presse, dans lesquels il n'y a pas d'intrus, mais un point commun :

  • « une suite bureautique gratuite qui est totalement interopérable avec MS Office » ;
  • l'utilisation de ce logiciel dans l'ensemble de nos agences assure une interopérabilité complète ;
  • Sun and Microsoft Announce New Identity Specifications and Additional Measures for Product Interoperability ;
  • BEA and Microsoft Highlight Interoperability ;
  • Microsoft renforce l'interopérabilité entre Unix et Windows Server ;
  • Hot spots Wi-Fi: accord d'interopérabilité entre SFR et Bouygues Telecom.

Comme dans l'exemple d'OpenOffice.org ou de la police écossaise, le point commun est le trio compatibilité-interopérabilité-uniformité qui se manifeste, avec notamment la classique mutation de la « compatibilité entre 2 produits » en « interopérabilité »...

  • La compatibilité : elle porte entre A et B, elle consiste à ce que deux éléments se comprennent : le format A des données d'un logiciel sont compatibles avec le format B des données d'un autre logiciel. Il peut avoir aussi un format C, D, E,... mais la compatibilité résulte d'un travail de traduction d'un format vers un autre au cas par cas, notamment lorsque les formats sont fermés.
  • L'interopérabilité : elle est générale, et ne peut être une interopérabilité avec quelque chose de particulier ; elle s'appuye sur un format ouvert (comme le HTML conforme du W3C) ou plusieurs, indépendants du logiciel de création et d'utilisation ; ces formats ouverts donnent facilement des outils pour passer à d'autres formats ouverts (PDF vers HTML par exemple), et/ou des enrichissements (les différentes versions de HTML jusqu'au XHTML).
  • L'uniformité : un seul format fermé comme seul format permet bien sûr d'avoir des documents toujours utilisables par tous. Si le format était ouvert, il y aurait enrichissement et évolution, sans situation figée. Ce n'est ni l'interopérabilité, ni même la compatibilité.
Sources et liens :

Microsoft Linux Lab et l'interopérabilité

« Une expérimentation de l'interopérabilité »

Début août avait lieu le salon LinuxWorld à San Francisco. A cette occasion, le service de presse (PressPass) de Microsoft a interviewé Bill Hilf (Director of Platform Technology Strategy), responsable du « Linux/Open Source Software Lab » (laboratoire Linux et logiciels open source).

Comme l'indique le sous-titre de cet article et de celui en ligne, ce « laboratoire de recherche fonctionne comme une expérimentation de l'interopérabilité ». L'interopérabilité est donc de nouveau mise en avant, comme pour la police écossaise ou comme dans l'approche officielle de Microsoft.

Si on prend le texte, au travers des 7 questions, on trouve :

  • 17 fois « interopérabilité » ou de la famille (avec 13 fois « interoperability », 2 fois « interoperate », 2 fois « interoperable »)
  • aucune fois le terme « format »
  • 2 fois « standard » (qui plus est ouvert !) : « our strong support for open standards » et « open standards – not open source – that help [...] »

Quand on lit le texte de plus près, plusieurs remarques sont à faire. Tout d'abord, il n'y a aucune mention du texte de la Direction de Microsoft, écrit par Bill Gates, qui annoncait début février que l'interopérabilité était une priorité de Microsoft ! Oubli volontaire, manque de place, ignorance de l'information ? Toujours est-il que cela est vraiment surprenant.

Ensuite, un peu contradictoire, ces « standards ouverts » sont précisés comme n'étant pas « open source » : un standard n'est ouvert que si ses caractéristiques lui donnent bien cette qualification, et les standards liés à l'open source ou aux logiciels libres sont des standards ouverts.

Enfin un passage intéressant est à relever à propos de l'approche générale :

Ils (les clients) ont choisi une technologie, un système d'exploitation ou une application basés sur sa possibilité de résoudre un problème particulier, et non pas basé sur le fait que ce soit un logiciel propriétaire ou open source (They choose a technology — an operating system or an application — based on its ability to solve a particular problem, not based on whether it’s proprietary or open source)

Or que le logiciel (ou le système d'exploitation ou la technologie) soit propriétaire ou pas est un « problème particulier » à résoudre. En effet, être indépendant techniquement, avoir la maîtrise de ses données, bénéficier rapidement d'améliorations, garantir la pérennité sont des problèmes que les logiciels libres et les standards ouverts peuvent résoudre.

En fait, le format de l'approche de l'interview semble être de partir de l'architecture en la posant comme fixée : Windows (« Windows offers that capability in abundance »). Et à partir de celle-ci batir des solutions. Le principe des formats ouverts est au contraire de proposer des solutions interopérables, liées à aucun système particulier (que ce soit les Windows, les UNIX, Linux, Mac OS X, les BSD,...).

Sources et liens :

Police écossaise et interopérabilité

Le mélange interopérabilité-compatibilité-uniformité

La police écossaise a annoncé qu'elle allait utiliser Microsoft Windows Server 2003, Microsoft Windows XP et la suite bureautique Microsoft Office (alors qu'elle utilisait Sun StarOffice depuis 2000).

Parmi les arguments avancés, il y a comme souvent l'interopérabilité. Cet argument mérite d'être précisé, car il est souvent mal utilisé :

  • la compatibilité avec n'est pas l'interopérabilité avec : cela a déjà été signalé à propos des responsables de la suite OpenOffice.org, on ne peut pas parler d'interopérabilité avec avec Microsoft Office (ou avec un autre logiciel) : l'interopérabilité est globale, avec tous (du domaine concerné).
  • l'uniformité, n'est pas l'interopérabilité : si tout le monde utilise le même logiciel produisant des documents au format de ce logiciel, il est évident que tout le monde va pouvoir utiliser ces documents ! Mais il ne s'agit pas alors d'interopérabilité mais d'uniformité.

De plus, même si un format est qualifié de standard, ce standard doit être un standard ouvert pour une réelle interopérabilité. Si le format est fermé, pas d'interopérabilité.

Enfin, si les documents créés utilisent des DRM, cela peut soulever les problèmes de maîtrise de ses informations et ses archives comme l'a indiqué la Nouvelle-Zélande qui refuse certains produits Microsoft du fait des DRM.

L'un des meilleurs exemples d'interopérabilité est encore une fois Internet en général et le Web en particulier. On a :

  • des logiciels de création de pages Web très nombreux et différents (de l'éditeur de texte à l'outil WYSIWIG, de Vim ou Emacs à Nvu) ;
  • des logiciels de lecture de pages Web, les navigateurs, également nombreux et variés (de Firefox à Safari en passant par Internet Explorer, Lynx, Netscape, Opera, Konqueror ou Camino) ;
  • et des formats ouverts, le HTML ou le XHTML, élaborés successivement depuis plus de 10 ans par le W3C, et qui sont utilisés par les logiciels liés au Web. Il est même possible de valider la conformité de son (X)HTML par rapport aux spécifications officielles ;
  • toutes les structures (entreprises, administrations, associations,...) et les particulier qui créent des documents Web conformes au format ouvert (X)HTML ont alors des documents interopérables.

Précisions :

  • en France, dans les commissariats, c'est OpenOffice.org qui est déployé et utilisé (expérience à l'appui lors d'une déclaration de vol), tout comme dans les gendarmeries ;
  • le communiqué de presse utilise à la fois les termes « compatabilité avec » et « interopérabilité ».
Sources et liens :

La musique via SFR : formats Apple et Microsoft, pas MP3

L'offre de SFR pour l'achat de musique en ligne

La vente de musique en ligne est un des domaines où l'absence d'interopérabilité est la règle. Le dernier exemple en date, celui de SFR.

Première règle : segmenter son marché, c'est-à-dire regrouper ses clients en ensemble homogène (même profil, mêmes règles de comportement, donc d'achat) pour proposer les produits à leur bon format.

Deuxième règle : proposer de nombreuses petites variations du produit, c'est-à-dire avoir de nombreux formats légèrement différents du même produit.

Troisième règle : disposer d'un grand nombre de titres, c'est-à-dire avoir de nombreux accords avec des éditeurs au riche catalogue.

Mises en application, cela se traduit par les utilisateurs des derniers téléphones portables à qui SFR propose de la musique en ligne sous forme de « Single, Sonnerie-video, Mini-clip, Sonnerie, Tonalité » (soit 5 possibilités, 3 en audio exclusivement et 2 en audio plus video) depuis le site de vente SFR Music, qui profite d'accords avec 4 « labels » (EMI, Warner, Universal et Sony, le dernier en date) soit « 31 102 Artistes 297 620 Titres ».

Pour ce qui est des formats, « les singles ne peuvent être définis comme sonnerie », et les formats numériques des morceaux ne sont pas du MP3 (gras ajouté) :

Q : Quelle est la différence avec les MP3 ?

R : Les singles que vous téléchargez sont au format AAC protégé sur votre mobile, et au format WMA protégé sur votre PC.

Enoncé dans un format plus clair : pour les téléphones portables c'est le format d'Apple (AAC, celui des iPod) et pour les ordinateurs c'est le format de Microsoft (WMA, et « vous devez disposer de Windows Media Player version 9 ou supérieure »), avec chacun des systèmes de contrôle DRM (« protégé »).

Donc pas de jaloux entre les deux sociétés les plus présentes du marché que sont Apple et Microsoft (même si Sony et son Atrac est oublié). Et impossible de faire certaines choses avec ses morceaux, car ils sont protégés : ainsi transfert impossible de son ordinateur vers son téléphone pour une sonnerie. Et il se peut que la copie privée en gravant un CD soit difficile. La musique n'est que rarement à des formats ouverts.

Sources et liens :

Une décision unilatérale contre les standards ouverts du courriel

Microsoft décide seul de déployer sa technologie d'identification des courriels

Comment lutter contre le pourriel (spam en anglais), ces courriels non-sollicités qui peuvent envahir les boites aux lettres électroniques ? En faisant en sorte que les machines qui reçoivent les courriels connaissent les machines qui les envoient. Donc que ces machines expéditrices se soient déclarées auprès des machines destinataires.

Cette technique, appelée Sender ID, est défendue par Microsoft, qui l'a déjà proposé pour normalisation auprès de l'IETF, une des structures internationales en charge des aspects techniques d'Internet. Bien que refusée en septembre 2004 pour cause de brevets présents dans cette technologie et pour cause de licence qui interdit l'utilisation dans des logiciels libres, l'idée n'était pas abandonnée.

Microsoft a donc décidé de l'appliquer sans concertation pour les machines de son service MSN Hotmail. Concrètement :

  • cela est annoncé pour débuter en novembre 2005 ;
  • les utilisateurs du service MSN Hotmail auront un message d'alerte à propos des courriels reçus de personnes utilisant des machines qui ne sont pas certifiées Sender ID.

L'idée séduisante en apparence se heurte au fait que même si la machine d'envoi est déclarée, rien ne garantit que le courriel ne sera pas du pourriel. De plus, les protocoles liés au courriel sont des protocoles ouverts, et cette décision, si elle se veut être bénéfique pour les utilisateurs, n'en demeure pas moins inefficace et unilatérale. L'interopérabilité, que ce soit pour le Web ou le courriel, est à la base d'Internet, grâce aux vrais formats ouverts.

Sources et liens :

[Rappel : En cas de vote favorable sur les brevets logiciels au Parlement européen, des fonctionnalités triviales (comme utiliser une base de données pour un site Web, ou la barre de progression) qui sont déjà brevetées ailleurs, seront valables en Europe si elles ont été acceptées par l'OEB. Avec le risque d'en voir d'autres brevetées. Cela pourra signifier des droits à payer pour les utiliser. Ce qui ne sera pas possible pour ce site, ni pour beaucoup d'autres, y compris ceux de sociétés.]

L'interopérabilité «by design» au format français

Après 4 mois, traductions semi-officielle puis officielle du texte de Microsoft

Le jeudi 2 février 2005, le patron de Microsoft, William Henry Gates III (Bill Gates) a publié un texte sur l'interopérabilité. Quatre mois après, le 2 juin, le texte traduit en français est enfin disponible officiellement (et même aussi semi-officiellement 2 jours avant) sur le site de Microsoft France. (Il aura aussi fallu attendre presque 4 mois sur Formats-Ouverts.org pour avoir le fichier source LaTeX de la présentation PDF de l'ADAE du 1er février, mais les deux structures ne sont pas comparables...).

Voici les coulisses : petite chronologie à propos d'une traduction... ou comment FOo écrivit à XaMaLa qui fit avancer les choses chez Microsoft France...

  • Le 25 février, article signalant qu'il n'y a toujours pas de traduction pour le monde francophone (et que le NTO France reste inconnu) ;
  • Le 26 mai, je postais sur le site de XaMaLa une demande pour savoir si le texte (en anglais) mis en avant serait traduit en français... ainsi que celui du 2 février sur l'interopérabilité. Réponse : les traductions seront « en ligne au plus vite sur la page dédiée » ;
  • Le 29 mai, après 114 jours, une traduction du texte est proposée sur le blog de XaMaLa, avec l'annonce d'une mise en ligne prochaine sur la page dédiée de Microsoft France ;
  • Enfin, depuis le 2 juin, exactement 4 mois après sa version originale, le texte français est en ligne sur la page officielle de Microsoft France.

XaMaLa est le pseudonyme (en partant sans doute du mot XML, féminisé grâce aux a), de la « mascotte des produits Infopath / XML, Live Communications Server, Communicator et Live Meeting » de Microsoft.

Le blog de XaMaLa est donc un site d'information produits, personnalisé avec une mascotte représentée en fourmi. Il est tenu par Franck Ha. qui a donc fait remonter l'information de l'absence de traduction pour le monde francophone (alors que les versions coréenne, espagnole et japonaise étaient disponibles depuis 3 mois), et a permis de faire avancer les choses.

Par rapport aux deux constats de fin février, une question demeure : qui est le NTO France (National Technology Officer) de Microsoft, en charge entre autres des standards et de l'interopérabilité : XaMaLa Franck Ha., quelqu'un d'autre ?

Sources et liens :

[Rappel : En cas de vote favorable sur les brevets logiciels au Parlement européen, des fonctionnalités triviales (comme utiliser une base de données pour un site Web, ou la barre de progression) qui sont déjà brevetées ailleurs, seront valables en Europe si elles ont été acceptées par l'OEB. Avec le risque d'en voir d'autres brevetées. Cela pourra signifier des droits à payer pour les utiliser. Ce qui ne sera pas possible pour ce site, ni pour beaucoup d'autres, y compris ceux de sociétés.]

L'interopérabilité est fondamentale pour l'administration

Une déclaration ministérielle souligne l'importance de l'interopérabilité pour l'administration électronique

Le 26 mai avait lieu à Soissons la remise des prix des Trophées du Libre 2005. Le Ministre de la Fonction Publique et de la Réforme de l'État, Renaud Dutreil, y a prononcé un discours sur l'administration publique en ligne :

Vous le savez, une de nos préoccupations premières pour le développement des services en ligne, est la garantie d’interopérabilité. (gras d'origine)

Cette interopérabilité est essentielle pour proposer aux usagers une offre de services lisible et cohérente, malgré l'hétérogénéité des acteurs de l'administration électronique : ministères, collectivités locales, organismes de protection sociale, etc... (gras ajouté)

Avec aussi l'hétérogénéité des connexions et des équipements (matériels, logiciels) des administrés, mais qui utilisent un navigateur Web comme outil d'accès à ces services en ligne (comme c'est le cas pour la déclaration en ligne des impôts). D'où l'importance d'avoir un navigateur moderne respectant les standards ouverts du Web.

Ce texte est donc une déclaration forte pour l'interopérabilité, qui passe par des standards ouverts, notamment ceux définis par le W3C avec une partie de la grande famille XML.

Sources et liens :

[Rappel : En cas de vote favorable sur les brevets logiciels au Parlement européen, des fonctionnalités triviales (comme utiliser une base de données pour un site Web, ou la barre de progression) qui sont déjà brevetées ailleurs, seront valables en Europe si elles ont été acceptées par l'OEB. Avec le risque d'en voir d'autres brevetées. Cela pourra signifier des droits à payer pour les utiliser. Ce qui ne sera pas possible pour ce site, ni pour beaucoup d'autres, y compris ceux de sociétés.]