Pour les formats ouverts !

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2008, les 10 ans de XMLXML10, les 10 ans de XML en 2008


Match autour du format ouvert PDF

Adobe d'un côté, Microsoft de l'autre, le PDF au milieu

Le format PDF (Portable Document Format) : depuis quelques temps, il y avait des informations à propos d'un affrontement à son sujet entre Adobe, la société qui en est l'auteur, et Microsoft.

En octobre 2005 Microsoft a annoncé qu'il allait intégrer l'enregistrement en PDF comme l'une des fonctionnalités de sa suite bureautique Office 2007 : il serait ainsi possible de créer directement des documents au format PDF, sans avoir de logiciel tiers dédié (acheté par exemple auprès d'Adobe).

Mais des informations laissaient entendre que les rapports entre Adobe et Microsoft se déroulaient mal à ce sujet [1]. Finalement, avec le format très officiel du communiqué de presse, Adobe a publié le 12 juin un texte [2], et Microsoft y a répondu le 16 juin [3]. Qu'en est-il donc au travers des 2 positions officielles ?

Dans cette affaire, « le véritable enjeu est la protection des standards ouverts » (« the real issue is the protection of open standards. ») selon Adobe, qui rappelle que le format PDF est bien un format ouvert : « Adobe est attaché aux standards ouverts » (« Adobe is committed to open standards ») avec les spécifications du PDF « disponibles gratuitement, sans restriction, sans royalties pour tous ceux qui souhaitent les utiliser » (« available for free, without restrictions, without royalties, to anyone who cares to use it »).

Mais ce que redoute Adobe, c'est la position dominante de Microsoft et ses habitudes passées : « Microsoft a eu comme pratique d'utiliser son monopole pour saper des technologies multiplateforme et de limiter l'innovation qui menace son monopole. L'approche de Microsoft est d'"embrasser puis étendre" (en modifiant) les standards qui ne viennent pas de Microsoft » (« Microsoft has demonstrated a practice of using its monopoly power to undermine cross platform technologies and constrain innovation that threatens its monopolies. Microsoft's approach has been to "embrace and extend" standards that do not come from Microsoft. »)

La réponse de Microsoft : la société salue le fait que PDF soit un format ouvert « disponible gratuitement, sans restriction, sans royalties pour tous ceux qui souhaitent l'utiliser » (les termes utilisés par Adobe). Et que c'est à ce titre que Microsoft a décidé de proposer le PDF dans sa suite pour répondre à la demande des clients : « Microsoft s'attendait plus qu'Adobe applaudisse » (« Microsoft expected that Adobe would applaud ») cette décision que le contraire.

Microsoft précise qu'il « n'a pas étendu les spécifications du PDF et n'a aucun intérêt à le faire » (« Microsoft has not extended the PDF specifications and has no interest in doing so. ») et insiste : « Microsoft souhaite confirmer qu'il n'étendra pas les spécifications du PDF publiées par Adobe » (« Microsoft wishes to confirm that it will not extend the PDF specifications published by Adobe. »)

La crainte d'Adobe fait sans doute référence entre autres à la guerre des navigateurs Web avec Internet Explorer livré en standard avec Windows qui s'imposa ainsi face à Netscape, position dominante oblige. Cependant pour le PDF, d'après les décalarations ci-dessus, les spécifications resteront celles d'Adobe, qui peut voir baisser les ventes de ses logiciels générant le PDF, même si d'autres logiciels le font déjà.

Sources et liens :

« Pourquoi X croit aux standards ouverts ? »

Une déclaration à signaler... Qui a dit...

« Le support des vrais standards ouverts signifie que les développeurs peuvent créer des contenus et des services innovants qui fonctionnent sur de multiples matériels, logiciels et plateformes réseau. La programmation peut se fait qu'une seule fois et peut alors facilement être optimisée pour les performances de tous réseaux TV. »

(The support of truly open standards means that developers can create innovative content and services that work across multiple hardware, software, and network platforms. Programming can be developed one time and then easily optimized for the performance advantages of any TV network.)

On lit donc bien « vrais standards ouverts » (avec ces 3 termes ensemble), cela pouvant signifier que certains « standards » peuvent ne pas être ouverts, ou que certains « standards ouverts » peuvent ne pas être vraiment ouverts.

Développer une seule fois pour utiliser ensuite partout est en effet un des avantages des standards ouverts, mais pas le seul.

La source de ces lignes ? Il s'agit de la réponse à la 9e question (sur 14) de la page de FAQ de Microsoft TV, « Why does Microsoft believe in open standards? » (Pourquoi Microsoft croit aux standards ouverts ?).

On a donc :

Et se pose toujours la question de la définition précise donnée aux standards ouverts.

Sources et liens :

Cet article est le 20e de juin 2006 et aussi le 800e publié sur Formats-Ouverts.org en 23 mois et 16 jours, soit depuis le 1er juillet 2004.

Microsoft met en place un comité de clients à propos d'interopérabilité

L'information brute

Le 14 juin 2006, Microsoft a publié un communiqué de presse intitulé : « Microsoft Establishes Customer Council on Interoperability », soit de manière non-officielle « Microsoft met en place un comité de clients à propos d'interopérabilité ». [1]

(Le 15 juin au soir, le communiqué de presse n'est pas disponible en français sur la page dédiée de Microsoft France, mais tous ne sont pas systématiquement traduits en français). [2]

En quelques mots

Ce comité, le Interoperability Customer Executive Council de Microsoft a pour objectif « d'identifier les domaines où l'interopérabilité peut être améliorée dans ses produits et dans l'industrie logicielle ». Il se réunira 2 fois par an. Il comprend des hauts responsables d'importantes sociétés et de gouvernements. En France, la Société Générale est citée comme en faisant partie.

Statistiques rapides

Les mots interopérabilité et interopérable sont plus qu'à l'honneur : 49 citations avec le titre ! On a aussi :

  • standards : cité 2 fois ;
  • standards ouverts : 0 (zéro) fois, comme protocoles.
Par rapport aux précédentes positions et déclarations

Le sujet de l'interopérabilité est de plus en plus présent, comme récemment encore avec le texte de Microsoft France publié début mai (avec une chronologie détaillée du sujet).

Le contexte de concurrence internationale

La France pense aussi à l'interopérabilité avec le Référentiel Général d'Interopérabilité. Le Danemark veut des standards ouverts, et le Massachussets aussi. Et comme par effet de miroir, le comité comprend une grande banque française, le ministère danois des finances et 2 états américains (Wisconsin et Delaware). C'est la guerre des formats...

De courtes remarques sur certains passages

Il n'y a donc aucune mention des standards ouverts. L'interopérabilité est considérée « comme faisant partie de l'engagement de Microsoft à propos du Trustworthy Computing (l'informatique de confiance) ». Et dans l'approche développée, il est question de diffuser des licences de propriété intelectuelle, ce qui a priori n'est pas le cas de formats ouverts.

Sources et liens :

Les formats dans Google Spreadsheets

Le service Google Spreadsheets est lancé. Et Les Formats ?

Le 6 juin, Google annonçait le lancement de son service en ligne Spreadsheets [1]. La question ELFFOO se pose : « Et Les Formats, Fermés Ou Ouverts ? » Voyons cela :

  • spreadsheets, cela signifie tableurs (au format français), lui-même formé à partir des termes tableau et calculateur ;
  • le tableur... c'est une catégorie de logiciels, pas un seul d'entre eux, n'en déplaisent aux soit-disantes informations ou aux pseudo formations qui ne parlent que d'Excel comme seul tableur (il y a aussi par exemple Gnumeric, KSpread, Quattro Pro, 1-2-3 ou Calc) [2] ;
  • il s'agit d'un service en ligne, donc en quelque sorte au format Web : pas de logiciel tableur, mais un navigateur (et donc une connexion indispensable, c'est le travail via le réseau) ;
  • le format des données (ou du fichier) intervient au moment de la récupération (l'importation) de ces données pour les utiliser dans un tableur installé sur une machine ;
  • les 2 formats d'importation proposés par Spreadsheet sont : [3]
    • le format CSV, Comma-separated Values (valeurs séparées par des virgules), c'est-à-dire les valeurs sur des lignes successives avec un séparateur entre elles (une virgule) : c'est un format ouvert et aussi le format le plus simple [4] ;
    • le format XLS, le format utilisé par le logiciel Excel. Mais de quel XLS s'agit-il, de quelle version d'Excel ? L'information n'est pas donnée : on peut supposer qu'il s'agit ne s'agit pas du tout dernier format Excel et élaboré à rebours (en reverse engineering ou rétro-ingénierie [5]), car XLS n'est pas un format ouvert ;
  • le format ouvert HTML est aussi possible pour conserver les informations en tant que page Web avec des tableaux (de chiffres ou autres).

Enfin, l'approche générale de ces services en ligne étant d'avoir des utilisateurs déclarés et enregistrés, il faut avoir un compte Google (le format Google ?), comme pour Google Calendar, comme pour Google Talk, comme pour Google Mail. Et dans une prochaine version, Google ajoute le format ouvert ODF pour tableur ? C'est la saga du moment.

Sources et liens :