Pour les formats ouverts !

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Deux exemples pour expliquer les DRM

Deux exemples transposés dans le numérique pour expliquer les DRM

Les DRM sont un sujet d'actualité, comme le recense le dossier DRM. Mais comment expliquer ce que sont et ce que font les DRM ? Voici deux exemples du monde non-électronique pour tenter de faire ses premiers pas dans un monde qui aurait des DRM partout.

Exemple 1 : la bouteille d'eau d'Evian

Sur les étiquettes des bouteilles d'eau de marque Evian, on peut lire la mention suivante parmi les informations données :

Bouteille destinée à contenir exclusivement de l'Eau Minérale Naturelle d'Evian.

Mais une fois consommée, rien ne vous interdit de la remplir avec une autre eau (minérale, de source ou du robinet) ou avec d'autres liquides de votre choix.

Et alors, avec des DRM, qu'arriverait-t-il ? : la bouteille d'eau vérifierait si son contenu correspond avec ce qu'elle est autorisée à contenir et agirait en conséquence : si les DRM de l'eau n'étaient pas ceux prévus, la bouteille empêcherait d'être rempli ou son bouchon ne se dévisserait plus une fois refermée, voire elle se détruirait.

Exemple 2 : le maillot de Zidane à la Juve

Jeudi 28 septembre avait lieu à Ouagadougou une soirée organisée par le dynamique directeur de l'IPD-AOS, Amadou Diop, à l'occasion du séminaire international francophone sur les bibliothèques numériques. Un spectacle de danse suivait l'excellent repas.

L'un des danseurs portait un maillot de football noir et blanc avec « Zidane » inscrit dans le dos : c'est celui que Zinédine Zidane portait lorsqu'il jouait dans l'équipe de la Juventus de Turin, soit de 1996 à 2001. Même si Zidane joue désormais au Real de Madrid, rien n'interdit au possesseur de ce maillot de le porter.

Et alors, avec des DRM, qu'arriverait-t-il ? : le maillot de foot ne pourrait plus être porté, son utilisation serait impossible car il ne correspondrait plus à son équipe actuelle, les droits en vigueur ne seraient plus ceux de la Juventus mais ceux du Real de Madrid ; il y aurait blocage de port, les DRM indiquant qu'il n'y a plus de validité d'utilisation.

Les DRM sont un rêve technique devenu réalité pour les structures voulant contrôler l'information numérique (pour sa diffusion, son paiement, sa copie,...). Il n'y a là aucun format ouvert.

Sources et liens :
  • Merci aux participants du séminaire d'Ouagadougou, qui depuis ma conférence du lundi 26 septembre n'ont pas arrêté entre autres en rigolant de voir des DRM partout, et qui m'ont donné l'idée de ces deux exemples.

Les DRM sont déclarés en urgence

Le projet de loi DADVSI et les DRM vont au Parlement en urgence

DADVSI, DRM... voici des termes assez peu explicites a priori. Pourtant ils risquent d'aller de pair, pour créer un duo technico-juridique inquiétant.

Les DRM sont un sujet omnipésents du monde du numérique : il s'agit de la gestion des droits numériques, technologie qui se répand de manière importante dans les fichiers et dans le matériel, avec de nombreux exemples rassemblés dans le Dossier DRM. Les DRM ne sont pas des formats ouverts et vont à l'encontre de l'interopérabilité.

Le projet de loi DADVSI concerne le Droit d'Auteur et les Droits Voisins dans la Société de l'Information. C'est-à-dire une révision de la loi sur le droit d'auteur dans le cadre du développement des aspects techniques du numérique. Avec aussi la révision de droits dits voisins (le droit de copie privée par exemple) concernés par la société de l'information numérique.

Mais quel est le lien entre le projet de loi DADVSI et les DRM ? La première veut s'appuyer sur les seconds, qui sont dénommés mesures techniques de protection et d'information dans le domaine des droits d'auteur.

En quoi y a-t-il urgence ? L'urgence est la dénomination de la procédure qui consiste à soumettre un projet de loi au Parlement mais sans navette entre l'Assemblée nationale et le Sénat pour établir un texte définitif voté par les députés et les sénateurs. L'initiative EUCD.info a révélé qu'il y avait « urgence déclarée » pour le projet de loi DADVSI.

Dans un format plus clair, cela signifie entre autres :

  • pas de réels débats des élus à propos de ce projet de loi important ;
  • un DVD avec DRM pourra n'être lisible qu'avec Windows XP SP2 (et Media Player 10) ou avec Mac OS X 10.4 (et Quicktime 7) et si vous utilisez autre chose, ce sera violer la loi ;
  • actuellement légale, la copie privée sera interdite : 3 ans de prison et 300 000 euros d'amende en cas de copie privée vers un support non autorisé par les titulaires de droits.

Cette liste n'est pas exhaustive, elle concerne aussi le domaine de la sécurité et les logiciels libres. EUCD.info dans son communiqué de presse donne des informations précises pour réagir suite à cette décision de passage en urgence.

Sources et liens :

Dossier DRM

Des exemples d'utilisation de DRM (mis à jour le 28 avril 2006)

Note : ce long article de la catégorie Synthèse a une date de première publication (qui figure en fin d'article), et une date de dernière mise à jour (mentionnée ci-dessus dans le sous-titre). Il est possible d'avoir (dans une longue page) les articles regroupés ci-dessous, avec une recherche du terme DRM, http://formats-ouverts.org/blog/?q=DRM

Les DRM, (Digital Rights Management, gestion des droits numériques) sont une technologie de plus en plus présente dans le monde numérique. Les DRM sont mis en place et utilisés dans toute la chaîne numérique, au niveau des fichiers et aussi du matériel.

Les DRM sont à l'opposé des formats ouverts et vont à l'encontre de l'interopérabilité au travers du dispositif de contrôle qu'ils mettent en place :

  • les DRM de Windows Media : date d'expiration et nombre de lecture sont prévus







  • les DRM dans les écrans qui peuvent empêcher un affichage de contenu « non-autorisé » ;

Apple et des formats, septembre 2005

Le sujet des formats à l'occasion d'Apple Expo Paris 2005

Samedi 24 septembre dernier s'est terminé le salon annuel Apple Expo à Paris. Comme à l'occasion de l'édition 2004 ou d'autres évènements Apple (en février 2005, en juin 2005), on peut considérer quelques annonces et informations sous l'angle des formats.

Le format conférence de presse

Steve Jobs a retenu le format de la conférence de presse, avec journalistes conviés à lui poser des questions. C'était mardi 20 septembre, jour de l'ouverture d'Apple Expo à Paris. Plus de présentation (keynote) sur scène, un peu comme une vedette en concert. Et cela semble réussir : la couverture médiatique a été plus large que la seule presse spécialisée.

Format RSS : rien en France, en Italie, en Espagne.

Les sites Apple ne connaissent-ils pas la technologie RSS en France, en Italie ou en Espagne ? En effet, pas de fil RSS sur les sites de ces pays. Au contraire, les sites américain et allemand proposent un fil RSS. Pourtant la dernière version du navigateur Safari, sorti fin avril, est dénommé... Safari RSS car il intègre les RSS.

Le format du logiciel Pages

Le format du logiciel Pages, lancé en février, est basé sur du XML. Mais quel XML... : format ouvert ou pas ? D'après les indications officielles données par Apple à Apple Expo et sur ses pages Web, toutes les informations sur le format ne sont pas disponibles :

This document does not describe the complete XML schema for either Pages 1.x or Keynote 2.x. The complete XML schema for both applications is not available and will not be made public. (Le schema XML complet pour ces deux applications ne sont pas disponible et ne seront pas rendues public).

Important: This document only covers the file formats for Keynote 2.x and Pages 1.x. Future versions of those products may use a different file format than the ones described here. Developers should understand that Apple cannot guarantee that the file formats described herein will be supported in those future versions of the iWork applications as they are currently supported. Changes to these file formats ought to be expected. (Apple ne peut pas garantir que les formats de fichiers décrits ici seront pris en compte dans les futures versions des logiciels de iWork tel qu'elles le sont actuellement).

En résumé : le format de Pages est du XML ; mais ce n'est pas un format ouvert.

Le format mini est mort, vive le format nano

Après le format mini de l'iPod mini, le très petit baladeur numérique d'Apple, c'est désormais le format nano, en terme de nom et de taille encore plus petite, avec l'iPod nano. Pour les futurs formats de nom, il reste l'iPod pico ou l'iPod femto (voire la miniaturisation ultime... avec l'iPod sous-la-po).

Format de machines de type MALLL...

En proportion, le format le plus répandu des ordinateurs personnels (personal computer, en anglais, soit PC) est Windows sur diverses machines de différents fabricants. Les machines Apple (qui sont des ordinateurs personnels, des PC) sont rares en proportion (mais dans un format absolu, cela donne plusieurs millions de machines, ce qui sonne tout de suite plus important).

Les ordinateurs à la pomme (format français) utilisent presque exclusivement le système d'exploitation d'Apple, Mac OS, actuellement dans sa Mac OS X version Tiger 10.4. Donc, un ordinateur Apple mais avec Linux et d'autres logiciels libres, voilà un format peu répandu : plus brièvement, au format de sigle en français, la MALLL, Machine Apple & Logiciels en Logiciel Libre est rare.

Sources et liens :

Conférence à Ouagadougou

Une après-midi entière à propos des formats

Lundi 26 septembre à Ouagadougou, capitale du Burkina Faso, a débuté un séminaire international francophone organisé par l'Agence intergouvernementale de la francophonie et son institut INTIF (Institut francophone des nouvelles technologies de l'information et de la formation).

Il se déroule dans les locaux de l'IPD-AOS (Institut Panafricain pour le Développement-Afrique de l'Ouest et Sahel) avec une trentaine de personnes du monde francophone des blibliothèques et de la documentation.

Il a pour thème Développement durable et bibliothèques : l'information numérique, enjeu de la diffusion de la connaissance et des savoirs.

Après l'ouverture officielle le matin, suivie d'une présentation générale du thème, toute l'après-midi était consacrée aux formats, ouverts ou pas, à l'interopérabilité, et à l'archivage.

J'en avais la responsabilité et je suis intervenu près de 3h30, avec comme sujet : Les formats ouverts : leurs incidences sur la production, la conservation et la diffusion des documents numériques. (La présentation se déroulait majoritairement au format explications orales, tableau et craie, format retenu volontairement, même si le début utilisait des diapositives numériques, mais sans listes à puces).

Après la présentation, la partie de questions-réponses a notamment donné l'occasion de parler du dossier Bibliothèque numérique européenne et de la place des bibliothèques (nationales, universitaires,...) francophones africaines.

Le fichier de ma présentation est disponible.

Sources et liens :
  • Cet article est donc écrit et publié depuis Ouagadougou, grâce aux standards ouverts du Web.

Les gros sites et les formats ouverts

Après Slashdot, Google ?

Le site Web anglophone Slashdot, un site de référence, utilise désormais le format ouvert HTML 4.01 avec feuille de style CSS. L'information est importante, tant comme preuve de l'importance des standards ouverts du Web que par l'ampleur que cela représente : 60 000 articles, avec 13 millions de commentaires !

Et à propos des sites Web de référence et de format conforme, qu'en est-il de Google, un des sites grands publics les plus utilisés et très présent dans l'actualité (bibliothèque numérique, messagerie instantannée, embauche prestigieuse) : site conforme ou pas ?

Pour ce qui est de la page d'accueil du site français et américain, la réponse fournie par le Validator du W3C est négative. Pourtant, le contenu est assez court (cela en est une des caractéristiques et un des points forts). Et il ne serait pas si difficile de passer cette page aux normes ouvertes du Web... quitte à ne pas le faire pour celles de résultats, comme certains le font avec leur page d'accueil mais pas les autres (tout en avançant le respect de ces normes).

A suivre, comme on dit.

Sources et liens :

Les formats au programme des écoles, collèges, lycées et universités

Les formats dans les B2i école-collège-lycée et dans le C2i

Qu'en est-il des technologies de l'information et de la communication (TIC) dans l'éducation ? Et plus précisément, parle-t-on des formats dans le primaire, le secondaire ou le supérieur ?

La première question est très vaste, avec des situations très diverses, 20 ans après le plan IPT (Informatique Pour Tous) où il y eut par exemple des formations pour apprendre aux enseignants à programmer afin de créer des logiciels dédiés à l'enseignement avec un format ouvert pour y apporter des améliorations.

Pour ce qui est de la seconde interrogation, il est possible de répondre plus précisément, notamment à l'appui d'un texte paru hier. En effet, le document officiel BOEN (Bulletin Officiel de l'Éducation Nationale, abrégé BO) n°34 du 22 septembre 2005 comporte page 1801 à 1804 un texte qui évoque les formats.

Ainsi, la circulaire n°2005-135 du 9-9-2005, Les technologies d’information et de communication dans l’enseignement scolaire, indique plusieurs choses à propos du Brevet informatique et internet (B2i) :

  • le B2i change de format de dénomination :
    • le B2I niveau 1 devient B2i école ;
    • le B2I niveau 2 devient B2i collège ;
    • le B2I niveau 3 devient B2i lycée-CFA ;
  • ces B2i ne sont pas au format examen final : ce sont « des attestations de compétences développées par les élèves tout au long de leur cursus lors d’activités intégrant les TIC dans le cadre de l’enseignement scolaire. » Il est rappelé que « la validation ne s’effectue pas en fin de cycle » mais tout au long de la scolarité : donc, pas de B2i à passer, et pas de logiciel spécifique (on parle de compétences générales, de traitement de texte, de tableur, de navigateur, de messagerie,..., sans marque particulière) ;
  • concernant les formats informatiques, l'annexe du document indique pour le B2i lycée-CFA que l'élève est capable (Domaine 4 : Acquérir, transformer, produire de l’information) de :

1. Déterminer les caractéristiques d’un fichier ou d’une application (nom, extension, taille, propriétés...). 2. Reconnaître les principaux formats de fichiers et utiliser un logiciel adapté en vue de les modifier.

  • pour les formats informatiques dans les B2i école et collège, les annexes et les feuilles de position ne précisent pas la notion ;
  • enfin, pour le supérieur, le C2i (Certificat informatique et internet) niveau 1 spécifie :

Tenir compte des problèmes de compatibilité, de format de fichier, de norme et procédure de compression et d’échange. (point 4 de A1)

Finalement, le sujet des formats de fichiers à proprement parlé est abordé au lycée : « Reconnaître les principaux formats de fichiers et utiliser un logiciel adapté en vue de les modifier ». Le point qui concerne l'interopérabilité ou les formats ouverts (ou pas) n'est pas traité, même si le sujet est rencontré dès l'école, avec par exemple les formats des pièces jointes et ceux des documents traitement de texte.

Sources et liens :

Google Print attaqué, interview sur la Bne et les rencontres de l'Ichim

De nouveaux éléments pour la Bne (Bibliothèque numérique européenne)

Trois nouvelles informations récentes sont à verser au dossier (mis à jour) sur la bibliothèque numérique européenne, qui a débuté 14 décembre 2004 avec l'annonce du projet Google Print for Libraries.

Action collective contre Google Print for Libraries

Le projet Google Print for Libraries est suspendu par Google depuis mi-juillet jusque début novembre. Depuis cette mi-septembre, le projet est l'objet aux Etats-Unis d'une plainte en justice sous forme d'action collective pour violation du droit d'auteur, de la part d'auteurs d'une association professionnelle (Authors Guild).

Interview de Jean-Noël Jeanneney sur la Bne

Jean-Noël Jeanenney, président de la Bibliothèque nationale de France (BnF), est interviewé à propos de la bibliothèque numérique européenne. Il parle de l'importance symbolique, politique et cultutelle du projet, de sa durée (3 à 4 ans), de son côut (peut-être 300 à 400 millions d'euros à 25 états, pour 5 à 6 millions de livres européens), de la position de la France (à l'initiative du projet avec sa réaction du 22 janvier, et qui a aussi Gallica).

Concernant le groupe de pilotage et les experts techniques qui y sont, il indique que l'idée est « de concevoir le plus juste et le meilleur outil possible. » Souhaitons que cet outil prendra bien en compte et utilisera les standards ouverts, comme cela avait été avancé dans la lettre ouverte du 1er juillet.

Les 9e rencontres de l'Ichim : Patrimoine culturel et numérique

Du 21 au 23 septembre 2005 se déroulent les neuvièmes rencontres internationales sur la numérisation du patrimoine et l'émergence des cultures numériques. Elles se déroulent à Paris, à la Bibliothèque nationale de France et à la Cité internationale universitaire.

Parmi les interventions au programme des 3 jours de conférences, et qui auront même indirectement les formats et protocoles en arrière plan, il faut signaler :

  • Jean-Noël Jeanneney en ouverture des rencontres à propos de la bibliothèque numérique européenne ;
  • Rabin Yaghoubi, « Director of Strategic Partner Development » de Google Europe qui a présente son programme pour les bibliothèques et les éditeurs ;
  • Caroline Wiegandt, directrice générale adjointe de la BnF et Rosemary Russell de l'Université de Bath abordent les stratégies des bibliothèques nationales pour la numérisation massive d'ouvrages ;
  • le thème de l'archivage du Web.

Ce 22 septembre est aussi une journée thématique consacrée aux jeux video, qui font l'objet d'un dépôt légal et de conservation à la BnF.

Rendez-vous à Lyon aux JLL

Conférence aux Journées du Logiciel Libre

La septième édition des JLL, Journées du Logiciel Libre, organisée par l'association ALDIL (Association Lyonnaise pour le Développement de l'Informatique Libre) se tiendra le vendredi 14 et le samedi 15 octobre 2005, au domaine scientifique et universitaire de la Doua à Villeurbanne.

Parmi les nombreuses conférences au cours des 2 journées, j'interviendrai le vendredi 14 octobre, de 13h30 à 15h, à propos des standards ouverts et d'interopérabilité :

« Formats ouverts », « standards ouverts », « interopérabilité » : on lit ou on entend ces expressions de plus en plus souvent. Mais derrière ces termes, quelle définition exacte donner ? Quelles en sont les caractéristiques ? Pourquoi utiliser des standards ouverts est capital et dans quels domaines ? Qu'en est-il du format XML tant vanté et si souvent mis en avant ?

La présentation sera suivie d'une partie de questions-réponses, et s'adresse au grand public comme aux sociétés et à tous les utilisateurs d'informatique. La manifestation est ouverte à toutes et à tous.

Sources et liens :

Les formats et la rareté

Y a-t-il des formats rares ?

Quel est le point commun entre Le Salon du Collectionneur (du 16 au 25 septembre), la vente aux enchères d'objet des Beatles le 29 juillet dernier, ou la bibliothèque municipale publique de Sélestat (aussi nommée Bibliothèque Humaniste de Sélestat, fondée en 1452) ?

Chacun propose ou a proposé des objets rares : meubles, orfèvrerie ou sculptures pour le premier ; un manuscrit de John Lennon de la chanson All you need is love, vendu un million de dollars, pour le deuxième ; une collection de premier plan au niveau national avec des manuscrits et des ouvrages anciens pour la troisième.

Ce qui fait la particulartité et la valeur de ces objets est qu'il n'en existe que très peu d'exemplaire identique dans le monde, voire qu'un seul. Ce caractère unique fait la rareté de ces pièces exceptionnelles.

Qu'en est-il pour les formats, ouverts ou pas, dans le monde numérique : y a-t-il des formats qui sont rares ? La rareté existe-t-elle dans le numérique ?

Oui, certains formats sont rares, au sens de peu répandu, peu féquent ou plus utilisé : il s'agit des formats que l'on ne sait plus employer car les logiciels qui ont servi à les créer ont disparu (arrêt de la part de l'éditeur ou fin de l'éditeur). Et seuls un logiciel spécifique savait exploiter les données des fichiers, logiciel que seule la société éditrice maîtrisait. Les exemples de formats qui sont désormais inexploitables peuvent se rencontrer souvent.

Non, les formats ne sont pas du tout rares, car aucun fichier à un format donné n'est rare. En effet, l'une des caractéristiques techniques fondamentales des fichiers numériques est d'être copié. Qu'il s'agisse de texte, d'image, de son, de video, et indépendamment de la taille, créer une copie parfaite est propre au numérique. Le clone, ou plutôt les clones, existent et peuvent se multiplier dès lors qu'un seul exemplaire existe. Et les réseaux facilitent cette situation. Ainsi, un format et un fichier numériques ne connaissent pas la rareté, l'original n'existe pas. Sauf à placer des DRM pour limiter les utilisations.

Cependant, un fichier à un format sans logiciel pour l'utiliser ne sert à rien et n'a aucune valeur. Ce qui compte alors est l'ensemble fichier-logiciel pour l'exécuter, voire la machine sur laquelle le logiciel fonctionne, avec des éléments qui lui sont indispensables. C'est alors la machine complète qui compte, et qui peut être rare.

Par exemple les ordinateurs complets voire en état de marche, comme un Micral N (1973, de la société R2E, avec un Intel 8008 à 500 kHz) exposé à la Cité des sciences et de l'industrie, un IBM PC de 1981 ou un NeXTcube sont des pièces rares. Bien sûr quand en plus la production industrielle n'a pas été très élevée, la rareté de la machine est accrue.

Enfin, il faut signaler un texte de Emmanuel Hoog, président directeur-général de l'INA (Institut national de l'audiovisuel), publié dans le Monde diplomatique d'octobre 2004, à propos de la conservation de notre mémoire audiovisuelle, où il écrivait :

La nature même de l'audiovisuel, c'est la copie.

Sources et liens :

Le format SVG pour encore plus de monde

Le navigateur Opera devient gratuit : et les formats ?

Ce 20 septembre, moins d'un mois après avoir fêté ses 10 ans, la société Opera Software a annoncé que son navigateur Web Opera était désormais disponible gratuitement en version complète (sans le bandeau publicitaire qui était présent dans l'ancienne version gratuite).

Voici donc un navigateur de plus disponible pour tous, aux côtés des Firefox et Mozilla multi-plateformes. Et qu'en est-il plus précisément par rapport aux formats ?

  • Opera n'est pas un logiciel libre, donc un format fermé, mais cela ne retire rien à des qualités ;
  • Opera existe au format de plusieurs systèmes d'exploitation : Windows, Linux, Mac OS, Symbian OS, Windows Mobile, BREW, QNX, TRON, FreeBSD, Solaris et Mediahighway ;
  • le logiciel existe au format de 20 langues ;
  • Opera supporte les standards ouverts du Web, comme CSS 2.1, XHTML 1.1, HTML 4.01, WML 2.0, ECMAScript, DOM 2 ;
  • et enfin, Opera inclut l'utilisation du format ouvert SVG (support natif du SVG 1.1 tiny, comme on dit dans un format plus technique).

C'est ce dernier point qui est sans doute à souligner. Car le SVG est un format appelé à se développer pour encore plus de possibilités dans les navigateurs et les pages Web. Et jusqu'alors, seul Opera incluait dès le départ la prise en compte du SVG, mais sans être autant disponible (l'ancienne vesion gratuite l'était avec publicité, ou alors payante).

Opera double le prochain Firefox (version 1.5, qui intégrera le SVG aussi), pourrait-on dire. La guerre du SVG a commencé, peut-on aussi entendre. En fait, c'est bien mieux : la concurrence continue, basée sur des standards ouverts, que les utilisateurs attendent, consciemment ou pas (dès que le SVG sera plus connu, ne pas l'avoir sera un moins). Windows Internet Explorer 7 et Netscape 8 sont avertis.

Sources et liens :

«Il faut sortir du format»

Un entretien avec Michel Serres, sans propos au format convenu

Quel format adopter pour débuter un article ? Quelle accroche retenir ? Surtout quand il y en a plusieurs possibles. Peut-être en laissant le choix. Alors en voici trois, toutes aussi importantes.

Voici une interview percutante de Michel Serres, qui parle de la pensée unique, des media, de la Louisane, de la langue française... et des formats.

« Je suis persuadé que cette chronique va faire beaucoup parler. » : ainsi se termine l'entretien, et c'est vrai ! Une exclusivité de Formats-Ouverts.org : Michel Serres et les formats !

Les formats sont partout : dans les nouvelles technologies, dans les caractéristiques du monde physique, dans les langues, dans le style d'un texte, dans les règles nationales mais aussi plus largement dans la société au travers des modes, des comportements ou des media : Michel Serres le développe de manière très originale.

Dimanche 18 septembre était donc diffusée sur France Info la chronique hebdomadaire Le sens de l'info, un entretien de 7 minutes (un format long) entre Michel Serres et le journaliste Michel Polacco. Le sujet était la Pensée unique dans notre société.

Michel Serres avance que plus encore que la pensée unique, on assiste à la répétition, au sens de diffusion et de reproduction d'un modèle : « Le mot d'ordre est Soyez conforme. » (comme au travers d'une mode vestimentaire), et « l'essentiel est la forme plus que contenu. » Et ce qui est répété presque à l'infini par les media, c'est la mort, à un point extrême :

Je vois maintenant les media comme une église intégriste qui parle tout le temps de la mort et qui ne parle que de la mort. La répétition est toujours là et la répétiton c'est l'instinct de mort.

Il parle des langues, dont l'anglais tant répété et le français investit par des tournures au format anglo-saxon (exemples du Ministère des Affaires étrangères, de la météo ou d'Air France), comme dans le cas « à exploser de colère » de la SNCF et de sa carte de fidélité S'MILES : fin des kilomètres, format légal de mesure en France, la SNCF mesure donc en miles ! Or la langue est « l'âme d'une culture. »

Mais alors comment sortir de ces situations ? Il faut casser « la répétition d'un format », ne pas reprendre les schémas dominants, aller à l'encontre de l'unicité. Dans un format plus bref : « Il faut sortir du format. »

Sources et liens :
  • Le mot format est volontairement employé de nombreuses fois dans ce texte (comme déjà dans celui sur la PSP), sans doute une illustration de sa réelle et forte importance.

Pour des raisons d'interopérabilité

Dit la ministre de la défense

Dimanche 18 septembre entre 18h et 19h, Michèle Alliot-Marie, ministre de la défense, était l'invitée de l'émission Le grand rendez-vous animée par Jean-Pierre Elkabbach, retransmise par la radio Europe 1 et la chaîne de télévision TV5.

Un peu après 18h30, une des questions posées portait sur la possibilité d'une construction en commun d'un porte-avion entre la France (qui en souhaite un autre) et la Grande-Bretagne (qui en souhaite deux).

La réponse a été qu'elle travaillait pour que les modèles soient les plus proches possible « pour une raison d'interopérabilité d'abord ». C'est-à-dire que les caractéristiques techniques de chacun soient assez proches voire identiques pour permettre d'employer du matériel de chacun (par exemple que les dimensions de la piste et des soutes permettent aux avions de chacun des deux pays d'être pris en charge).

En fait, il s'agit plus d'une compatibilité entre les deux futurs navires que d'interopérabilité. Cela souligne bien d'abord l'importance des formats physiques (dimensions des pistes, des câbles,...). Ensuite, on peut sans doute penser que les systèmes d'informations utilisés devront aussi être compatibles (format d'encodage des données, formats des fichiers,...).

L'importance de l'interopérabilité est encore une fois clairement citée, ici pour un porte-avion, comme aussi pour les systèmes ferroviaires transeuropéens ou les casiers judiciaires européens. En espérant que cela soit aussi le cas pour la Bibliothèque numérique européenne.

Sources et liens :

Les formats dans le sport, la com' et en Chine

Les expressions en football ; la communication d'Apple ; le marché chinois

Quels « formats » utiliser pour parler dans le monde du football, pour toucher un large public ou pour investir le marché chinois ? Ce sont certes des formats non-électroniques, mais qui sont ouverts car on en connait les règles.

Format codé en football : « Chez ces gens-là, on cause en crypté. »

Un article de Libération propose un décodage du format de langage utilisé de plus en plus dans le monde du football :

« Seule la vérité du terrain compte » ; « Le plus fort a gagné ce soir » ; « On va continuer à travailler »... Le monde du football cultive les formules toutes faites et dénuées de sens. Décryptage d'une langue de bois, qui rime avec succès et enjeux financiers.

Avec quelques exemples de traduction dans un format plus clair :

« Le club m'a manqué de respect » signifie qu'il manque un zéro sur le chèque ; son contraire : « J'ai signé ici car j'ai adhéré au projet. »

Apple et sa communication : nouvelle approche, nouveau format ?

Il n'y aura pas de conférence (keynote) traditionelle de Steve Jobs le 20 septembre à Paris. Cela a été annoncé juste deux semaines avant, le 5 septembre. Réactions et déceptions ont été nombreuses. Que cela signifie-t-il ?

Pour être encore plus « grand public », la société Apple, dont les produits (baladeurs iPod) et services (sites iMusicTunes) touchent de plus en plus de monde confronté à la convergence numérique, a-t-elle décidé de changer son format de communication ? Fin de la période des présentations de Steve Jobs s'adressant aux utilisateurs de la pomme dans un format presque de type concert pour fans ? C'est l'idée que développe l'article de Boro de MacPlus :

la place centrale qu’Apple aspire à occuper au sein de l’industrie informatique nécessite qu’elle s’adresse à ses clients potentiels de la majorité silencieuse -celle qui suit la tendance au lieu de la précéder- avec ses codes, au travers de relais d’opinion que sont les Journaux Télévisés et la presse généraliste.

La Chine et ses règles, ses formats

S'installer en Chine pour être présent sur son marché est presque actuellement un point de passage obligé, notamment dans le secteur des nouvelles technologies et d'Internet. Cependant, cela signifie accepter les règles officielles et officieuses qui sont en place :

il [le gouvernement] n'a jamais molli sur la censure imposée à l'univers d'Internet. Tous les moteurs de recherche et portails doivent appliquer des filtres interdisant des mots clés comme « démocratie », « indépendance Taïwan », « droits de l'homme » ou « Tiananmen ». (article du Monde)

Un article d'humeur de MacPlus, qui traite aussi des DRM omniprésents.

Les DRM en publicité ; l'interopérabilité des MI et des sites de musique

Les messageries instantanées (MI) et l'interopérabilité

Le mardi 6 septembre 2005, le journal 20 Minutes consacrait toute sa rubrique net guide aux messageries instantannées (MI), sous le titre Restez toujours en contact via le Web. La pleine page signée Yaroslav Pigenet faisait le point sur les différents logiciels de messagerie instantanée, notamment suite à la sortie de Google Talk le 24 août. Outre cette dernière, une mini-fiche sur Gaim, Trillian, AIM, MSN Messenger, Yahoo! Messenger et ICQ était proposée. Avec un encadré final titré En attendant l'unification des messageries instantanées qui résume bien la situation (gras et liens ajoutés) :

Toutefois, chaque grand éditeur voulant ainsi imposer son propre logiciel de MI, plusieurs protocoles « propriétaires » incompatibles entre eux, assurent le même service. [...] Un peu comme si un abonné SFR ne pouvait pas téléphoner à des abonnés Orange ou Bouygues. Cette incompatibilité a longtemps ralenti voire bloqué l'inévitable convergence entre téléphone et MI. [...] Pour mettre fin à cette cacophonie et permettre de créer un service de MI professionnel et universel - comme l'e-mail ou le GSM -, l'instance de régulation du Web (IETF) propose depuis 2002 un protocole ouvert et standardisé de messagerie : XMPP/Jabber.

Les DRM en publicité !

Les DRM s'affichent sur des panneaux publicitaires, où on lit sur certains à propos du baladeur numérique Q-be de SupportPlus :

MP3 256 Mo - USB 2.0 DRM

Des DRM sur les fichiers audio WMA (Microsoft), AAC (Apple) ou Atrac (Sony), c'est établi, comme aussi sur les écrans, sur les câbles HDMI, sur les sorties DisplayPort, sur le bus PCI Express 2.0, sur Windows Vista ou sur les téléphones portables. Mais des DRM dans l'USB 2.0 ? Réalité technique, ou coquille de texte (qui permet d'avoir un format technique avec des sigles un peu étranges) ? Sans doute la seconde solution d'après les indications du produit trouvées sur les sites de ventes en ligne.

L'interopérabilité sur FnacMusic, interview du directeur général

Bruno Crémel, directeur général de la Fnac, était interviewé par Arnaud Devillard de 01net le 1er septembre dernier. Parmi les 6 questions posées, celle de l'interopérabilité des fichiers de musique (gras ajouté) :

Question : Autre sujet sensible, l'interopérabilité. FnacMusic avait annoncé qu'elle mettrait à disposition un logiciel permettant de lire des fichiers sur tout type de baladeurs. Où cela en est-il ?

Réponse : On y a renoncé. C'est sans doute un frein au développement du téléchargement parce que c'est une source de complexité et de confusion pour les clients. De fait, lorsqu'ils achètent un baladeur, ils n'ont pas forcément conscience des problématiques d'interopérabilité, de formats propriétaires et autres qui sont les composantes d'un débat assez compliqué. En même temps, il faut relativiser.

D'après les analyses, l'utilisation du téléchargement est encore assez classique : une écoute sur ordinateur ou une gravure sur CD pour une écoute sur chaîne hi-fi. L'utilisation du baladeur est minoritaire, entre 10 % et 15 % de l'utilisation des téléchargements. Le marché n'étant pas stabilisé ni sur le marché des baladeurs ni sur celui des plates-formes de téléchargement, je pense qu'on ne verra pas d'évolution à court terme.

La Fnac a ouvert son site de vente de musique en ligne en septembre 2004, en retenant le format WMA (de Microsoft) et en expliquant comment retirer les DRM en gravant (comme Microsoft l'avait aussi expliqué) pour utiliser les morceaux sur tous les baladeurs.

Victimes de Katrina, pour vous inscrire, vous devez avoir le bon navigateur

Format IE6 ou téléphone, dit la FEMA

Le long et très bon article de Pamela Jones « Quand les standards ouverts comptent vraiment - Le cas Katrina » est également riche. Et parmi les informations qu'il donne, en voici une à propos de l'interopérabilité : il n'est possible aux victimes de s'enregistrer sur le site officiel fédéral qu'avec le navigateur Microsoft Internet Explorer 6. Ou alors utliser le téléphone.

Quand on consulte le site de la FEMA (Federal Emergency Management Agency, Agence fédérale de gestion des crises), voici ce qui est indiqué :

Do I need Internet Explorer to Register for Assistance Online?

Yes

Currently to complete your application online you must be using Microsoft's Internet Explorer 6.0 or above. We are in the process of modifying the application so that it will be available to additional browsers.

Download Internet Explorer 6

Do I need Internet Explorer to check the status of my application?

If you do not have Internet Explorer 6.0 or higher, you may still be able to check the status of your application and update your information online once you have registered by phone.

What should I do if I don’t have Internet Explorer 6.0 or above?

Register by phone: Call us at 1-800-621-FEMA (3362).

Hearing or speech impaired? Call us at 1-800-462-7585.

What are the hardware (system) and software requirements for accessing and filing a disaster registration?

A computer that has access to the Internet and Microsoft Internet Explorer 6.0 as its Web browser should work efficiently with the FEMA Internet RI system.

We further recommend a minimum Pentium III and 128 mb of Ram for IE 6.0, with an actual minimum requirement of a 486/66 MHZ processor, Windows 98, Windows ME, Windows NT 4.0, Windows 2000, or Windows XP.

In addition, for Win 98 we suggest 16 MB of RAM, Windows ME 32 MB of RAM, Win NT 32 MB of RAM, Win 2000 32 MB of RAM, and Win XP 32 MB or RAM.

For monitors, we recommend a Super VGA (800 X 600) or higher resolution monitor with 256 colors.

Les ordinateurs qui ont été envoyés pour aider les victimes à s'inscrire n'ont été d'aucune utilité s'ils n'avaient qu'Internet Explorer 5, ou s'il s'agissait de machines Apple ou avec Linux sans le navigateur obligatoire.

Internet et le Web reposent sur des standards ouverts. Cependant des discriminations techniques se rencontrent parfois encore... Pour un site commercial de sociétés ou de ventes en ligne, il perd des clients potentiels. Pour un site de service public, le terme public est alors oublié. Et pour un site à propos d'une situation comme celle-ci, l'article de Groklaw le résume bien :

Le fait que le FEMA exige que les victimes de l'ouragan Katrina n'utilisent que Microsoft Internet Explorer pour s'inscrire aux services d'aide est une honte nationale.

Sources et liens :

«Quand les standards ouverts comptent vraiment - Le cas Katrina»

Article « When Open Standards Really Matter - The Katrina Factor » du site Groklaw.net, en version française

Note : quand un article à propos des standards ouverts est très bon, même s'il décrit des situations dramatiques, autant ne pas le reprendre par bribes. Et pour le faire connaître encore mieux, autant le proposer au format normalement utilisable par les lecteurs francophones de Formats-Ouverts.org, donc en version française. Cette traduction n'est pas la version officielle, mais une traduction, et peut comporter des coquilles. Il s'agit du début de l'article. Merci à Pamela Jones. (Gras, italique et lien ont été ajoutés au texte original.)

Si vous avez des doutes sur la direction que l'état du Massachussets suit en exigeant des standards ouverts pour tous les documents officiels, considérez ce qui est arrivé quand l'ouragan Katrina a détruit presque toutes les communications sauf Internet. Les téléphones portables et les talkies walkies furent hors service, encore une fois, exactement comme ils le furent le 11 septembre, comme David Kirkpatrick l'écrit dans un article de Fortune :

Parmi les répercussions de l'ouragan, la plupart des systèmes de communications de la région échouèrent ou ne fonctionnèrent pas correctement. L'eau et le vent détruisirent les alimentations, arrachèrent les lignes téléphoniques et détruisirent les antennes relais des téléphones portables. Les systèmes qui restèrent furent rapidement submergés. Quand les secours avaient des équipements en état de marche, comme les talkies walkies, ils ne purent pas se connecter avec les autres sur des systèmes de communications différents.

Vous avez bien lu ? « sur des systèmes de communications différents ». La même chose arriva après le désastre du tsunami en Thaïlande, comme relaté dans le rapport qui vient dêtre publié par ePolicy Group :

« Les agences responsables et les groupes non-gouvermentaux sont incapables de partager des informations qui sont vitales pour les efforts de secours » rappelle le rapport au gouvernement de Thaïlande à propos des conséquences du tsunami. « Chacun utilise des formats de données et de documents différents. Les secours sont ralentis ; la coordination est compliquée. Le besoin de standards ouverts communs pour la gestion des désastres n'a jamais été aussi catégorique ni irrésistible. »

N'est-il pas temps, après tant de souffrance, de reconnaître que garder les gens en vie est plus important que de permettre à des sociétés privées de verrouiller les utilisateurs dans des systèmes propriétaires qui ne fonctionnent alors pas en cas d'urgence ? Et pourquoi Internet marche-t-il toujours, qui que vous soyez et quel que soit le système d'exploitation que vous utilisez ? Car il a été construit, non pas sur des standards propriétaires, mais entièrement sur des standards ouverts. C'est pourquoi vous pouvez m'envoyer un courriel, même si vous utilisez Microsoft Outlook. Je n'utilise pas de produits Microsoft, mais grâce aux standards ouverts, je peux tout de même lire votre courriel, et en cas d'urgence, nous ne serons pas déconnectés parce que nous aurons « différents sytèmes de communications ».

Sources et liens :

Dossier Bibliothèque numérique (européenne ou non)

Des informations chronologiques à propos de Bibliothèque numérique, européenne ou non

Avertissement : ce long document de la catégorie Synthèse a été publié le 15 septembre 2005 et a été mis à jour le 18 novembre 2007.

Deux chronologies ont été publiées en février 2006, bien après le début du dossier de bibliothèque numérique européenne (fin 2004). Elles sont plus officielles et moins détaillées que celle de cette page :

Le projet de bibliothèque numérique, européenne ou pas, touche directement aux sujets des formats de données, des protocoles, des logiciels. Et les standards ouverts y ont une place capitale à jouer. Voici donc une chronologie et des références sur le projet de bibliothèque numérique européenne comme non-européenne :

  • 14 décembre 2004 : annonce du projet Google Print for Libraries (les bibliothèques), qui devrait proposer proposer près de 15 millions de livres numérisés (soit 4,5 milliards de pages), issus de 5 bibliothèques anglo-saxonnes (4 américaines : celles de Harvard, de Stanford, de l'université du Michigan, et la bibliothèque publique de New York ; 1 anglaise : Oxford), avec lesquelles un accord a été signé.
  • depuis fin janvier 2005 : nombreuses interventions de Jean-Noël Jeanneney (presse, radio, conférence,...) sur le sujet
  • fin avril 2005 : les bibliothèques nationales de 19 pays, puis 6 chefs d'État et de gouvernement européens appelent à une coopération de l'Europe pour la création d'une bibliothèque numérique européenne
    • Article Plaidoyer pour une «bibliothèque numérique européenne», de la rédaction de ZDNet France, le 28 avril 2005, http://zdnet.fr/actualites/internet/0,39020774,39221312,00.htm
    • Article 19 bibliothèques en Europe signent un manifeste pour contrer le projet de Google, journal Le Monde, le 27 avril 2005, Emmanule de Roux, http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-643536,0.html
  • 2 et 3 mai 2005 : prise de position favorable au projet de bibliothèque numérique européenne de la part de responsables européens lors des Rencontres pour l'Europe de la culture, à la Comédie Française (Paris) : Jean-Claude Juncker, Premier ministre luxembourgeois et alors président en exercice de l'Union, a apporté son soutien à l'initiative d'une bibliothèque numérique européenne, ainsi que Viviane Reding, commissaire à la Culture.
  • 11 juillet 2005 : annonce de la première réunion du comité de pilotage en vue de la création d'une bibliothèque numérique européenne
  • 12 juillet 2005 : signature du décret n° 2005-780 du 12 juillet 2005 instituant un comité de pilotage en vue de la création d'une bibliothèque numérique européenne
  • mi-septembre 2005 : action collective en justice d'auteurs contre Google Print
  • 20 septembre 2005 : interview de Jean-Noël Jeanneney : il y traite de l'importance symbolique, politique et cultutelle du projet, de sa durée (3 à 4 ans), de son côut (peut-être 300 à 400 millions d'euros à 25 états, pour 5 à 6 millions de livres européens), de la position de la France (à l'initiative du projet avec sa réaction du 22 janvier, et qui a aussi Gallica).
  • Calendrier prévu (au 15 septembre 2005) :
    • septembre 2005 : travail du groupe d'experts ;
    • des propostions de la France seront faites à ses partenaires européens ;
    • troisième semaine d'octobre 2005 : tenue du troisième comité de pilotage (lu dans l'article de Libération du 1er septembre) ;
    • 14 décembre 2005 : un an après l'annonce de Google, remise au Président de la République du Livre blanc.
  • 10 octobre 2005 : journée d'études organisée par l'Association des bibliothécaires français (ABF) et la BnF, intitulée Bibliothèques numériques, où en sommes-nous ?, à Paris.
  • 13 octobre 2005 : colloque intitulé Patrimoine, numérisation et accès aux savoirs, à Bordeaux, dans l'Hôtel de Région du Conseil Régional d'Aquitaine ; lors des questions de la salle, Jean-Noël Jeanneney, président de la Bibliothèque nationale de France (BnF) est interrogé sur la problématique des standards ouverts : est-elle prise ne compte par le comité de pilotage du projet de création de la Bibliothèque numérique européenne ? Le Président de la BnF a répondu « oui, bien sûr »
  • mi-octobre 2005 : l'association des éditeurs américains (Association of American Publishers, AAP) porte plainte pour violation du copyright contre Google
  • 17 octobre 2005 : les versions de Google Print pour 8 huits pays européens sont en ligne (Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, France, Italie, Pay-Bas et Suisse)
  • 31 octobre 2005 : Google annonce que la numérisation de livres reprend le 1er novembre après presque de 3 mois de pause
    • L'annonce Discove